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Valerio ADAMI

Valerio Adami apprend le dessin à l’Accademia di Belle Arti di Brera à Milan de 1951 à 1954 à partir des grands modèles de l’art antique et néoclassique. Ses premières toiles sont teintées d’expressionnisme et marquées par ses souvenirs de l’Italie de 1945 en ruines. A l’occasion du Salon de Mai à Paris en 1952, il rencontre les peintres Matta et Wilfredo Lam, qui deviennent ses plus proches amis en 1955.

Les peintures de Valerio Adami, très graphiques, proposent des formes, des morceaux d’images, des silhouettes, mais la dislocation formelle, les combinaisons imprévisibles, qui doivent beaucoup au cubisme et à l’oeuvre de Matta, perturbent le regard. A partir de 1954, il séjourne à Londres, proche d’artistes comme Richard Hamilton et Francis Bacon.

Après 1961, il partage son temps entre Milan, Londres et Paris. Il s’affirme au cours des années 60 comme un représentant majeur de la Nouvelle figuration, participant à Figuration narrative dans l’art contemporain (1965), Bande dessinée et figuration narrative (1967) et faisant l’objet d’une rétrospective à l’ARC en 1970. Sa notoriété est rapidement internationale, exposant à la Documenta III de Kassel (1964), à la galerie Schwarz de Milan (1965), à Bruxelles (1967), à la Biennale de Venise (1968), au musée des Beaux-Arts de Caracas (1969).

En 1966, il établit définitivement son système formel : une ligne épaisse cerne les objets et personnages, traités en aplats de couleur pure et sans ombres. Les peintures sont précédées de dessins d’études particulièrement précis. Les variations portent les années suivantes sur la finesse du cerne, l’importance des hachures, l’ampleur des dislocations, la vivacité des contrastes.

La fin des années 60 est marquée par une évocation de lieux urbains, anonymes ou glauques inspirés par des photos qu’il prend de New York où il séjourne en 1966, au Chelsea Hotel de Londres et d’autres lieux au cours de ses voyages.

Durant les années 70, il met en place une méthode de montage et d’associations dont Le portrait de James Joyce (1971) est l’un des premiers exemples. A la banalité des intérieurs succède une peinture référentielle mais énigmatique, intégrant des lettres et des mots. Son travail porte sur la mémoire collective et culturelle, à travers des portraits de célébrités (Friedrich Nietzsche, Sigmund Freud, Walter Benjamin), puis des paysages ou des événements historiques comme la Révolution française.

En 1978, il peint une série de tableaux aux sujets mythologiques dans son atelier de New-York, ponctués de références à la peinture ancienne, comme Prométhée, Le Mythe de Pandore. La ligne s’assouplit, la gamme colorée privilégie les tons naturels et n’a plus recours à la violence des contrastes. De ses tableaux se dégage une impression de douceur nostalgique.

La franchise de ses aplats colorés trouve des applications à grande échelle dans des peintures murales dès 1974 pour la First National City Bank de Madison dans le Wisconsin, le hall de la gare d’Austerlitz (sur le thème du voyage de Persée) en 1987, le théâtre du Châtelet en 1989. Eternel nomade, il change souvent d’atelier. Vivant à Paris et en Italie, il passe plusieurs mois à Ostende (1969), New York (à partir de 1971), Mexico et Los Angeles (1975), Monte Carlo (où il s’établit en 1981), Meina (Italie). Il entreprend de longs voyages, au Mexique (1969, 1981), en Inde (1977, 1982), dans les pays nordiques (1988).

Ouvert à l’interprétation, riche de nombreuses références culturelles, le travail d’Adami suscite de nombreux commentaires de philosophes (Jacques Derrida, Jean-François Lyotard, Gilles Deleuze), d’historiens d’art (Hubert Damisch, Marc Le Bot) et d’écrivains (Italo Calvino, Octavio Paz, Antonio Tabucchi).

Lui-même publie à partir de 1986 plusieurs ouvrages sur son travail comme Les Règles du montage : Sinopie (1989) ; Dessiner : les gommes et les crayons (2002).