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Saâdane AFIF

Diplômé des beaux-arts de Bourges, en post-Diplôme à l’École des beaux-arts de Nantes, Saâdane Afif réalise sa première exposition personnelle en 1998 (Galerie Michel Rein, Tours). Il vit successivement à Marseille, Nice (Villa Arson) et Glasgow (Villa Médicis Hors les Murs). Depuis 2003, il réside à Berlin. En 2006, il est le deuxième lauréat du prix international d’art contemporain de la fondation Prince Pierre de Monaco. En 2007, il est présent à la douzième Documenta de Kassel.

Ses dispositifs plastiques jouent avec les clichés et les conventions, les tournent et les détournent, les usent, les jettent et recommencent ailleurs. La compilation, de slogans, d'images et de noms, revient souvent dans le travail de l’artiste.

Saâdane Afif n’est spécialiste en rien : rencontres, dessins, sculptures, photographies, installations, sons, attitudes, slogans et textes, autant de champs exploratoires où l’artiste guette le réel, le filtre et le transpose poétiquement.

«J’appartiens à une génération d’artistes qui (...) aborde l’art comme une forme de langage avec lequel on joue, qu’on déforme, qu’on transforme, sans cette recherche précise de l’objet qu’avaient nos aînés.» Et le langage de Saâdane Afif semble irréductiblement polyphonique, multipliant avec une fluidité remarquable les modes d’adresse au public et questionnant souvent le principe même de l’exposition.

C’est ce que révèle l’installation Power Chords (2005), chœur de guitares électriques où chaque instrument joue une suite d’accords déduite de la séquence chromatique d’un bâton d’André Cadere (exemple d’une pratique citationnelle récurrente chez Saâdane Afif). Ces riffs reprennent le principe des « Money chords», succession de trois ou quatre accords qui ponctuent l’histoire du rock et suffisent souvent à faire un tube. Mais par la place qu’elle laisse au silence et à la dissonance, Power Chords ruine toute efficacité mélodique et rythmique, donnant sa préférence au déploiement d’ un paysage sonore mélancolique offert au spectateur-auditeur.

L'artiste s’emploie essentiellement à produire des déplacements de sens, de forme, de responsabilités, et parfois de flux. Il ne propose que des articles dépareillés, des fins de série, tâchant à chaque exposition de réinventer de fond en comble les modalités d’existence de sa propre production, d’en réinitialiser les paramètres.