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Jean ARP

Jean Arp entretient très tôt d'intenses contacts avec les artistes qui cherchent à s'affranchir des formes d'art traditionnelles. En 1910, il fonde avec son ami Walter Helbig "Der Moderne Bund". En 1912, il rencontre Kandinsky. "En son atelier, parole, forme et couleur se fusionnaient et se transformaient en des mondes fabuleux, inouïs, jamais vus". Arp collabore à l'Almanach du Blaue Reiter et expose avec Delaunay, Le Fauconnier, Franz Marc et Paul Klee.

Jean Arp participe en 1916 à la fondation du Cabaret Voltaire, où naîtra le mouvement Dada. Conférences, récitals, musique spontanée et plus tard poèmes simultanés célèbrent le non-sens. Les artistes expriment leur révolte contre l'ordre bourgeois, les massacres de la guerre et l'esthétique académique. L'art est utilisé comme un instrument de subversion pour transformer la vie, combattre la folie des hommes et les réconcilier avec l'ordre naturel.

Dès les années 1916, années des 1ers reliefs Dada, Jean Arp s'inspire des "lois du hasard", bannissant la volonté dans la composition. Il est guidé par deux impératifs : l'art doit être concret et emprunter les processus spontanés et paisibles de la nature comme sujet. La réunion des deux donnera naissance aux "Formes terrestres", reliefs, dessins, gravures, renvoyant à une nature signifiante dont la logique n'est pas celle de l'homme et qui devient le principe conducteur de toute son oeuvre.

Après la 1ère guerre mondiale, l'effervescence dadaïste essaime dans toute l'Europe. Dans les années 20, Arp participe au mouvement, en Allemagne où se rencontrent dadaïstes (Hausmann, Schwitters et Tzara) et constructivistes (Van Doesburg, El Lissitzky, Moholy-Nagy), à Paris où il rejoint Tzara et Picabia et s'associe aux sphères littéraires qui gravitent autour d'André Breton, Philippe Soupault, Georges Ribemont-Dessaignes et Louis Aragon.

Jean Arp s'installe à Paris, en 1925, au moment où se tient la 1ère exposition surréaliste. Il obtient la nationalité française en 1926. Jean Arp invente son "encyclopédie arpadienne". Ses formes organiques se transforment en objets : l'horloge, le nombril, les moustaches, le chapeau, la cravate, la bouteille, la plante sismique, l'aigle, parmi lesquels Arp compte aussi l'homme, "ce bonbon-obélisque". Combinant plusieurs images dans un même "relief", il utilise son humour célèbre pour désorganiser la hiérarchie habituelle de la nature, pour se moquer des prétentions humaines et établir une parité entre l'homme et l'objet inanimé.

En 1927, Arp fait sa 1ère exposition personnelle à la Galerie Surréaliste, le catalogue est préfacé par André Breton. Ses affinités avec le groupe d'André Breton s'expriment dans les "reliefs" et dans la poésie que les surréalistes, en particulier Marcel Jean qui deviendra l'un de ses meilleurs amis, l'incitent à utiliser pour explorer son oeuvre plastique. Jean Arp, fidèle à Dada, garde toutefois ses distances notamment vis-à-vis de son rejet de l'art abstrait, de ses positions politiques ou de ses querelles internes.

En 1929, Arp adhère à "Cercle-Carré", mouvement en faveur de l'abstraction pure. En 1931, il rejoint "Abstraction-Création", fondé par van Doesburg, mouvement auquel participent Herbin, Kupka, Calder, Mondrian, Schwitters, Hélion, Sonia et Robert Delaunay. En 1937, Sophie Taeuber crée avec Domela et Arp la revue "Plastique" avec l'aide de deux artistes américains, Gallatin et Morris.

Le début des années 30 est une période d'intense activité créatrice. Arp aborde la sculpture en ronde bosse, transposant ses reliefs en trois dimensions, dans un processus de condensation, de pétrification ("Concrétions humaines"). Il invente les collages en papiers déchirés à partir de ses propres ouvres sur papier, les "Constellations" ou "Configurations", compositions (dessins, reliefs, collages, poèmes..) à l'image de la nature qui constelle et reconstelle en permanence un nombre limité de mêmes éléments.

Le grand prix de sculpture de la Biennale de Venise qu'il obtient en 1954, lui apporte la consécration. Il invente les "Seuils", renouant avec ses 1ères sculptures des années 20, diversifie les matériaux utilisés, procède à des agrandissements notamment à l'occasion de commandes d'oeuvres monumentales.

En 1958, le Museum of Modern Art de New-York lui consacre une exposition personnelle. En 1962, c'est le Musée national d'art moderne à Paris qui organise une rétrospective, laquelle voyagera à Bâle, Stockholm, Copenhague et Londres.

Arp meurt à Bâle en 1966, laissant dans les ateliers de Clamart-Meudon un ensemble considérable d'oeuvres.