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Jacques Busse

Jacques BUSSE

En 1942, Jacques Busse entre à l’académie de la Grande Chaumière dans l’atelier d’Othon Friesz. Il suit avec assiduité l’enseignement du maître puis forme en 1943, avec quelques amis dont Jean-Marie Calmettes et Jean Cortot, le groupe de l’Échelle. Ses premières œuvres sont exposées dans une manifestation du groupe au Salon des Tuileries. De retour à Paris à la sortie de la guerre, il entre au comité de rédaction du Bénézit. En 1961, il débute une carrière d’enseignant tout d’abord à l’académie de la Grande Chaumière, puis à l’École des Beaux-Arts de Marseille, de Limoges, pour terminer sa carrière professorale à Dijon.

Dès les années cinquante, Jacques Busse construit ses tableaux comme de véritables architectures. La couleur occupe l’espace de la toile par la juxtaposition de formes domestiquées par la lumière. Le paysage, la nature morte, le portrait, deviennent un ensemble de lignes entrecroisées, puis en simplifiant les contours, en effaçant les couleurs, il dessine un nouvel ordre, un espace où tout s’équilibre suivant des emboîtements de cubes. Si la structure géométrique s’impose avec une réelle évidence dans la peinture de Jacques Busse, celui-ci ne sera jamais tenté par l’abstraction pure qu’il côtoie dans les années cinquante. La rigueur de sa composition n’exclut jamais une certaine liberté : traces de brosse, empâtements de couleur, flottements de la lumière.

Écritures quelleriées n°1, 1984-85, est la suite logique de la série intitulée Écritures forestières où sont représentés, sur un fond neutre, des ensembles de branches d’arbres morts disposées à l’intérieur de carrés structurant la surface de la toile. Écritures quelleriées n°1 reprend le même principe de représentation des branchages. L’ensemble devient beaucoup plus géométrique et estompe progressivement la référence naturaliste.

Dans la préface du catalogue de son exposition à la galerie du roi de Sicile, à Paris, en 1987, Jacques Busse écrit à propos de ses dernières œuvres : « Motifs, thèmes, prétextes sans importance, prélevés au hasard des rencontres, se succèdent, s’entrecroisent ou se superposent parfois, reliés par l’identique exploitation plastique qui les fonde en peintures, au gré de leurs combinatoires advenues des uns aux autres. Seul le pur dialogue des formes et des techniques, où l’artiste ne renie pas l’artisan. Nulle confidence indiscrète à imposer, une simple invite à entrer dans le jeu, dont chaque donne nouvelle provoque la diversité des stratégies.