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Denis Castellas

Denis CASTELLAS

« Bris-collage » est le mot par lequel Denis Castellas définit lui-même une œuvre toujours à la limite de l’effondrement, de l’éclatement, du brisé, et qui pourtant cherche à donner un sens à la notion de collage, comme recollement de quelque catastrophe permanente du réel et de l’esprit.

Sans titre, 1985 a été réalisée à partir d’une plaque de bois enduit, d’un bout de carton et d’un polaroïd. L’élément en bois était un résidu de meuble, fracassé à la hache par l’artiste. Les “rouleaux” (Sans titre, 1986) sont parmi les objets les plus étonnants de cette période : une plaque de laiton enroule sur lui-même un morceau de carton en une sorte d’escargot sans fin offrant à la lumière sa surface courbée et brillante. Évoquant une sorte de mini-turbine ou de résistance, l’objet suggère, par sa petite taille, une concentration d’énergie et un certain nomadisme ou esprit d’errance, d’inspiration beuysienne. Mais c’est la notion de “geste” qui définit leur intention fondamentale, comme celle des “bétons” (Sans titre, 1987), des “boîtes peintes” (Sans titre, 1991) et des “bois”, qui furent présentés à la Biennale de Lyon en 1991.

Leur principe réside en effet dans une juxtaposition intuitive qui produit un étrange accord entre des réalités matérielles pauvres mais suggestives. Les deux néons (Sans titre, 1992), assemblés au moyen du skaï brillant d’un vieux manteau sont exemplaires d’une dimension émotionnelle fortement marquée par le sentiment de mort, que l’on retrouve encore dans les “masques en goudron” (Sans titre, 1993), la pièce en skaï roulé (Sans titre, 1991) et l’“étui” en métal et peau de serpent (Sans titre, 1998).

En 1998, l’artiste reprend la peinture à l’huile sur toile. La méthode employée est proche de celle qu’il a jusqu’alors utilisée pour ses objets : un geste fait naître un motif, qui suggère une autre idée, etc. La reprise, le recouvrement des figures, les associations plus ou moins conscientes génèrent des peintures qui combinent plusieurs niveaux d’image, invitant le spectateur à s’impliquer longuement dans la lecture de l’œuvre et dans sa complexité. Grâce à une aisance technique sans complaisance, Castellas produit une sorte de zapping pictural qui confère à ses toiles une vitalité et une énergie incontestables, dans un renouvellement permanent.

La première des deux œuvres a été réalisée au mois d’avril 1999 et Sans titre (Donald) a été achevée au mois d’août de la même année. On y trouve des motifs empruntés à des sources multiples (livres d’art, revues, photographies, images mentales) et une remise en jeu des problématiques de la peinture que l’artiste oppose à celles, plus formalistes selon lui, du tableau. Pulsion et impulsion restant le moteur constant du travail.