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Patty Chang

Patty CHANG

Le travail de Patty Chang s'inscrit dans la continuité des recherches menées par des artistes des années 1970, dans lesquelles la notion de performance est souvent associée à l'idée d'endurance.

Dans «Fountain», Patty Chang scrute son visage dans un miroir rond, posé à même le sol, et absorbe bruyamment l'eau qui le recouvre. De cette performance qui a eu lieu dans les toilettes d'un restaurant d'entreprise, elle a choisi un cadrage serré, vidé de toute référence au contexte dont il est extrait. L'eau, qui devrait couler, est ici stagnante et renvoie à une sensualité froide et implacable, renforcée par ce cadrage serré du double visage. Dans ce face à soi, l'artiste se livre à un intense jeu de séduction qui se déroule dans une auto-absorption, une auto-hypnose où le bruit de l'action restitue crûment la portée du geste.

Cette livraison brute de l'image reflétée et aspirée découvre un raisonnement par analogie où les incontournables symboles de l'eau et du miroir sont revisités. Cette association conduit à un rapport plus général qui, comme le souligne l'artiste, «nous permet d'y associer notre propre narration. Toutes les interprétations sont possibles».

On peut donc ainsi identifier la métaphore de la lutte, du succès et de la défaite, de la projection de soi dans cette introspection que petits et grands nous opérons dans nos vies à des moments plus ou moins forts d'autocontemplation.

«J'étais obsédée par l'idée d'une superficie plane et de l'illusion de profondeur que cela engage, c'est un abysse superficiel. Baudrillard a écrit que la séduction est de mourir comme réalité et de se reconstituer comme une illusion. Se regarder est un acte de séduction, l'action de se regarder devient un cycle de vie et de mort, et le fait de le boire est une acceptation de ce cycle» explique Patty Chang.

Source : Frac Lorraine, Metz