> Accueil > Artistes > Camille Claudel

Camille Claudel

Camille CLAUDEL

Camille Claudel est née le 8 décembre 1864 à Fère-en-Tardenois, petite cité de l'Aisne. Elle passe une enfance inventive et indépendante à Villeneuve-sur-Fère. Très tôt, à l’âge de 13 ans, elle commence à pétrir la glaise qu’elle brouette jusque dans sa chambre. La famille habite le presbytère que le grand-père, le docteur Athanase Cerveaux, avait acquis. De quatre ans l’aînée de Paul, elle vit avec lui une relation complice et passionnée. Tous deux sont marqués du même tempérament impulsif. Dans la fratrie, Louise, musicienne, plus rangée, a seule les faveurs de la mère. Il n’y a pas d’artistes dans la famille. Pourtant, Camille annonce son désir d'être sculpteur et prévoit que Paul sera écrivain. Le père, conservateur des hypothèques, saura soutenir, au cours de ses mutations dans les petites villes de province, ces vocations précoces, jusqu’à faire déménager sans lui, sa famille, à Paris, en 1881.

Camille entre alors à l'Académie Colarossi, les Beaux-Arts ne sont pas ouverts aux femmes. Elle a confiance dans l’enseignement de son maître Alfred Boucher, mais reste indépendante et garde un franc-parler provocateur dans les salons parisiens qu’elle fréquente avec son frère. C'est de cette époque que datent les premières oeuvres connues, La Vieille Hélène ou Paul à treize ans, et ses premières expositions. Boucher part à Rome en 1882 et confie ses élèves à Auguste Rodin.

Celui-ci est impressionné par son talent et sa personnalité, il la fait entrer à son atelier de la rue de l'Université en 1885 comme praticienne. Elle se rend vite indispensable et collabore avec Rodin à l'exécution des Portes de l'Enfer et au monument des Bourgeois de Calais. Peu à peu elle s’éloigne de sa famille, de son frère, pour travailler au service de Rodin, et vivre avec lui, en cachette, une violente passion. Leur relation est fusionnelle. Parfois les oeuvres de l'un et de l'autre sont si proches qu'on ne sait qui du maître ou de l'élève a inspiré l'un ou copié l'autre. Ce sont les jours heureux, à l’Islette, en Touraine ! Camille Claudel se heurte pourtant à deux difficultés majeures : d'une part, Rodin ne peut se résoudre à quitter Rose Beuret, sa compagne dévouée des débuts difficiles, et d'autre part, certains affirment que ses oeuvres sont exécutées par le maître lui-même.

Les faux-fuyants de Rodin finissent par exaspérer Camille, elle se violente pour couper les ponts avec lui à partir de 1895. Au cours de cette période, elle retrouve une autonomie créatrice avec des oeuvres comme La Valse ou La Petite Châtelaine. Elle travaille intensément. La rupture est définitive en 1898. Celle-ci lui inspire un de ses plus beaux chefs-d’œuvre : l'Age mûr. Blessée et désorientée, elle voue alors à Rodin un amour-haine qui la mènera à la paranoïa puis à l'enfermement psychiatrique. Elle s'installe alors 19 quai Bourbon et poursuit sa quête artistique dans une grande solitude, malgré l'appui de critiques comme Octave Mirbeau, Mathias Morhardt, Louis Vauxcelles ou du fondeur Eugène Blot. Celui-ci organise deux grandes expositions, espérant la reconnaissance et un bénéfice moral et financier pour Camille Claudel. La critique est élogieuse, mais Camille est déjà trop malade pour en être réconfortée.

Après 1905, les périodes paranoïaques de Camille Claudel se multiplient et s'accentuent. Selon elle, Rodin retient ses sculptures pour les mouler et se les faire attribuer, l'inspecteur des Beaux-Arts est à la solde du maître, des inconnus veulent pénétrer chez elle pour lui dérober ses oeuvres… Elle vit alors dans une grande détresse physique et morale, ne se nourrissant plus et se méfiant de tous. Son père, son soutien de toujours, meurt le 3 mars 1913 et elle est internée, sur ordre de sa famille, le 10 mars à Ville-Evrard puis transférée, à cause de la guerre, à Montdevergues, près de Montfavet, en Avignon. Elle n’a plus jamais sculpté. Elle meurt trente ans plus tard, le 19 octobre 1943.