1940, face à la menace de guerre, le couple
Dali-Gala part en exil pour les États-Unis ou ils s'installent
en Virginie chez leur amie et collectionneuse la millionnaire Caresse
Crosby. Les années 40 démontrent l'incroyable polyvalence
de l'oeuvre de Dali. À l'automne, il retourne à New
York pour la création du ballet « Labyrinthe »
pour lequel, il a conçu le livret, les décors et dessiné
les costumes.
Il créé également des bijoux,
décore l'appartement d'Helena Rubinstein, collabore à
la revue Vogue pour un numéro spécial «Salvador
Dali». Il écrit en trois mois son premier roman «
Visages cachés », réalise des publicités
et des décors. Ces activités multiples gérées
d'une main de fer par Gala sont très rémunératrices.
Le couple Gala-Dali devient très riche et contrairement aux
autres surréalistes exilés eux aussi, vit dans l'opulence
et le luxe. C'est à ce moment que Breton lança le
célèbre anagramme « Avida Dollar ».
La période d'exil marqua définitivement
la rupture avec le groupe surréaliste. Dali se redécouvre
un intérêt croissant pour les influences classiques
de la Renaissance et prône un message à contre courant
de ses anciens amis. Fini le temps des expériences, retour
aux sources de la peinture. Il réalise des «portraits
officiels» de la noblesse Américaine (rappelant les
grands tableaux de Velasquez peignant la royauté).
En 1943, Dali publie sa première autobiographie,
condensé de vrais faux souvenirs, anecdotes d'enfance qui
constituent une pièce maîtresse dans l'échiquier
de la mythologie dalinienne. Il fait la connaissance d'Eleanor et
A. Reynolds Morse, deux amateurs passionnés d'art moderne,
qui vont constituer la plus grande collection d'oeuvres de Salvador
Dali qui est maintenant exposée au musée Salvador
Dali Museum de Saint Petersburg, en Floride.
En 1946, il collabore avec Walt Disney au film
«Destino», dans lequel personnages et objets réels
sont mêlés à des personnages et décors
dessinés. Le film ne sera jamais terminé. En parallèle,
Dali travaille avec Alfred Hitchcock. Il est chargé de la
conception des décors de la scène onirique de «
Spellbound, la maison du Dr Edwards ». Il fait la connaissance
du photographe Philippe Halsman et commence une collaboration étroite
jusqu'à la mort de ce dernier en 1979.
De 1945 à 1949, Dali est comme toujours
à l'affût de la moindre découverte et évolution
de son temps. Exilé à cause de la guerre en Europe,
son inspiration vient tout droit de son environnement américain,
mélangée à ses souvenirs de Catalogne et des
symboles de l'Amérique comme Coca Cola. Mais ce qui marque
le plus Dali c'est l'explosion de la première bombe atomique,
à partir de laquelle il crée une nouvelle esthétique
de fragmentation nucléaire.
C'est le début de sa période atomique.
Il étudie les lois mathématiques, la théorie
de la divine proportion, incluant le Nombre d'or. Ce nombre d'or
(1,618) se retrouve dans le rapport des longueurs des surfaces et
des formes : pyramides Kheops, Parthénon, peinture de la
Renaissance italienne (Raphaël, Leonard de Vinci).
En 1948, parution de son essai « 50 secrets
magiques» synthétisant 20 années d'expérimentation
picturale. Il dit « Peintre, mieux vaut être riche que
pauvre : apprend donc comment faire naître de ton pinceau
l'or et les pierres précieuses. »
L’année suivante, Dali et Gala reviennent
en Europe. Dali peint ses premiers tableaux religieux. « Ne
craint pas la perfection : tu ne l'atteindras jamais ! »
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