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Herman De Vries

Herman DE VRIES

Autodidacte, Herman De Vries a d’abord réalisé, dès le milieu des années 50, des écritures informelles et des collages qui le conduiront à la simplification, à la répétition et au monochrome.

C’est à cette date qu’il entre en relation, comme Jan J. Schoonhoven, avec le groupe allemand Zéro, et se fait lui-même éditeur de magazines – 0 = nul (1961-1964) et Intégration (1965-1973) – où il développe ses théories sur l’utilisation du hasard.

Les éléments de ses compositions répétitives ne sont semblables qu’à peu près, et son intérêt pour l’accident le pousse à en faire choisir des naturels (feuilles, coquillages…). Ce même goût du hasard se retrouve dans ses poésies visuelles, ses photographies et ses envois postaux. Par son usage du blanc, l’acceptation du hasard et la valorisation du vide, Herman De Vries rejoint certaines préoccupations du Tantrisme et du Zen.

Relief, 1966-1967, fait partie de ce vaste ensemble d’œuvres « matérialisant le hasard », dans lesquelles l’artiste poursuit à sa manière les expériences inaugurées par Jean Arp et ses papiers déchirés en 1917, fixés dans la position où ils se trouvaient après leur chute sur une feuille de papier. La superposition des éléments en relief induit une idée semblable de placements successifs. La figuration obtenue renvoie ainsi au chaos ou au vide primordial selon une spéculation où science et religion se rejoignent. Le hasard ne produit pas d’accident qui dominerait et accentuerait telle ou telle partie du tableau.

Herman De Vries, qui affecte d’écrire son nom sans majuscules, conçoit l’espace sans hiérarchie. Les œuvres fondées sur le hasard comme Relief, ne sont pas, de ce point de vue, différentes des collections d’éléments naturels (feuilles, herbes, coquillages, glands, etc.) qu’il aligne par ailleurs.