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Martin Kippenberger

Martin KIPPENBERGER

Martin Kippenberger est né dans une famille d’éducation strictement protestante qui s’installe à Essen, dans le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie. A l’Académie des Beaux-Arts de Hambourg, il affiche son dilettantisme et court-cicuite ses études en 1976. Excessif, débordant et provocateur, il démontre qu’il peut tout faire… Après avoir flirté avec la culture hippie et underground au début des années 1970, il fonde le groupe punk Die Grugas et devient chef d’entreprise : il dirige simultanément une société de cuir spécialisée dans le point de broderie «Hopi» et gère la légendaire salle de spectacles berlinoise S.O. 36.

En 1990, il achète 35% des parts d’un restaurant italien « Capri » à Venice, Los Angeles. Entre temps, il pratique indifféremment la peinture, la sculpture, le dessin, l’installation, la photographie, la musique, l’écriture, le mobilier. Il est nommé professeur à la Städelscule de Francfort en 1990 et enseigne également à l’Académie à Kassel en 1992. « Kippi » est principalement nomade : il vit successivement en Scandinavie, à Hambourg, Florence, Paris, Sienne, Stuttgart, Cologne, en Belgique, au Brésil, en Espagne et aux Etats- Unis... Acteur, écrivain, imprésario, entrepreneur, collectionneur, professeur et assurément artiste, il multiplie les projets pour conjuguer son acuité au temps présent. Kippenberger décède prématurément en 1997 à Vienne.

Tout dans l’œuvre de Kippenberger rappelle que l’homme est un «animal social». En confrontant deux univers sociaux, celui du grand-père qui vit modestement et la famille Sesemann indéniablement plus à son aise, Johanna Spyri joue des conditionnements sociaux en faisant éprouver à ses protagonistes des choix inverses (Heidi est littéralement «dressée» par Mlle Rottenmeier à Francfort, laquelle est ensuite mise «au vert» en Suisse), et d’interroger la valeur même de ce choix : est-ce vraiment un choix ? Devant une baie vitrée, un large rideau composé de différents empiècements multicolores crée un filtre entre l’intérieur et l’extérieur ; Andreas Exner y a découpé les lettres SOCIAL, possible écho à l’œuvre de Kippenberger, “Transporteur de caisses sociales” (1989).

Flânant à la dérive des quadrillages urbains les plus cartésiens, l’artiste est le premier partisan du «faire avec» et s’aménage un vagabondage adapté avec Lanterne pour ivrognes (1988), permettant à l’ivresse dionysiaque de suivre le mouvement de ses pensées… Comme Heidi qui se sent isolée, Kippenberger poursuit sa route dans la solitude ; tel un enfant, il semble s’appuyer sur des choses élémentaires avec lesquelles il est en contact, à la différence près : un arbre et un verre de lait pour l’une, un lampadaire et un verre d’alcool pour l’autre.