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Jannis Kounellis Arte Povera

Jannis KOUNELLIS

Kounellis refuse généralement tout titre à ses œuvres, parce qu’il entend revenir, en deçà des mots et des symboles culturels, à l’immédiateté des sensations. L’image de cette plaque de métal d’où surgit une tresse de cheveux offre à la fois une dimension théâtrale et une invitation au toucher.

En assemblant ces matériaux opposés par leur texture (le froid, le chaud), l’artiste reconstitue une unité par la teinte, comme si ces éléments avaient été liés au-delà de leur stade iconographique. Si la rencontre fortuite entre ces deux objets évoque l’univers de De Chirico, elle ne peut être considérée comme une nostalgie du passé. Kounellis propose un champ de perception, autre que celui du regard cultivé.

Lié à l’Arte Povera, Kounellis a bâti une œuvre où se mêlent peinture et sculpture, architecture et musique, théâtre et danse. De 1958 à 1965, il peint des lettres, des flèches et des numéros, sur des supports de bois ou de papier journal. Après une interruption de deux ans, il reprend en 1967 son travail artistique, et expose à la galerie de l’Attico à Rome, avec les artistes de l’Arte Povera.

Depuis, l'ensemble de ses travaux s'attache à l’invention d’un langage qui fait dialoguer la nature et la culture : un cactus, du charbon, un perroquet, de la laine, du bois ou du café où se mêle le feu, "matériau" volatile et incontrôlable... autant d’éléments qu’il met en scène pour composer ce qu’il affirme être des "figures vitales". Il cherche en réalité à élargir "le royaume des sens" (Germano Celant), à donner à voir l’existence précaire des choses, des éléments et leur signification. L'artiste a recours à des matériaux originels et chaque élément est rendu à sa singularité propre.

Dans les années 70, Kounellis intègre la dimension théâtrale et musicale à son œuvre. Il réalise plusieurs décors d'opéras. Il fait également référence aux cultures méditerranéennes anciennes en proposant une relecture du sacré et du mystère. Indifférent à la chronologie de son œuvre, l’artiste reprend aujourd'hui certains motifs et certaines figures de son travail passé, dans des installations qui conjuguent l’hermétisme au sensible pour élaborer une véritable poétique.