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Richard Long

Richard LONG

Quoiqu’il cite plus volontiers parmi ses contemporains Hamish Fulton, Carl Andre ou Lawrence Weiner, Richard Long est trop systématiquement associé aux émergences américaines du Land Art, de l’art environnemental et des Earth Works initiées vers 1967.

Comme elles, le sculpteur utilise le cadre et les matériaux de la nature, comme elles, les œuvres crées in situ subissent l’érosion du temps dont il ne reste que le souvenir photographique. A l’instar de Robert Smithson, Richard Long intervient dans le lieu de l’œuvre en déplaçant, transportant, accumulant et traçant les matériaux mais sur un mode de «transformation douce», reposant sur l’utilisation d’un matériel rudimentaire fourni par le paysage, à échelle humaine et soumis aux contraintes naturelles.

Pour Richard Long, un texte est une description, l’histoire d’une œuvre dans le paysage ainsi que le moyen le plus simple de présenter une idée qui puisse être une marche ou une sculpture, soit les deux. «Chaque marche indique l’artiste, bien qu’elle ne réponde pas à une définition conceptuelle, réalise une idée particulière (…). Ainsi, chacune comme art me procure un moyen idéal pour explorer les relations entre temps, distance, géographie et mesures topographiques». Ces marches sont enregistrées ou décrites de trois manières différentes : par des cartes (les Map Works), des photographies ou des textes. Et l’artiste de préciser : «Une carte peut être utilisée pour préparer une marche. Elle peut aussi aider à faire une œuvre d’art. Les cartes sont porteuses d’informations ; elles montrent l’histoire, la géographie et la typonomie des lieux. Une carte est une combinaison artistique et poétique de l’image et du langage».

«Marcher me met à même d’étendre les frontières de la sculpture qui peut désormais avoir pour sujet le lieu, tout autant que le matériau (bois, pierre ou eau) ou la forme (ligne, cercle, spirale et plus rarement la croix) ». Pour lui, autant que la ligne, le cercle est un thème constant qui lui permet de faire une marche en un cercle, de faire un cercle de pierres, de boue ou de mots. Et plus précisément d’ajouter que «les Landscape Sculptures habitent le riche territoire entre deux positions idéologiques, entre faire un monument ou réciproquement à ne laisser que des empreintes de pieds. Une sculpture peut être déplacée, dispersée ou transportée. Les pierres peuvent être des marqueurs de temps et de distance ou existent comme parties d’une sculpture anonyme plus importante».