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Interview de Mitro
réalisée le 19 Mai 2007 lors du vernissage de son exposition à la Galerie Art Comparaison de La Baule

     
 

Philippe Deramecourt (Ph. D.) : Les Personnages permettent de mettre en scène des sentiments. Que souhaitez vous exprimer au travers des vues, des paysages ?

Mitro : C’est difficile de répondre à cette question. J’aime voyager, et j’ai la chance de voyager beaucoup, j’ai un attachement très fort vers la part de rêve et de voyage dans l’imaginaire qu’inspire l’architecture et les paysages. C’est une source inépuisable d’inspiration.
C’est la lumière qui est le plus important dans mes tableaux. Le jeu de la lumière qui met en scène les formes issues de l’architecture ou des paysages.
J’ai peint Venise pour la lumière de l’eau, la Grèce pour le blanc que j’aime beaucoup et le bleu, et le Maroc pour sa lumière feutrée et filtrée dans les souks.

Ph. D. : Au Maroc vous avez peint des personnages, mais voilés.

Mitro : Je n’ai pas voulu peindre un visage de femme pour ne pas faire référence à une personne. J’ai voulu peindre des femmes voilées pour représenter toutes les femmes, celles que l’on voit dans les souks, qui sont pour moi indissociables de l’ambiance des souks, pas une en particulier.
Pour moi au Maroc ce qui est fort ce n’est pas l’architecture, mais l’ambiance et la lumière des souks.
Comme à Rome, la caractéristique de Rome ce sont ses places, et leur animation avec tous les personnages qui les font vivre.
Alors qu’ici, en Bretagne, ou en Grèce, ce qui est important pour moi c’est la lumière sur l’architecture ou les paysages.
Même dans mes natures mortes, je mets en scène la lumière. Je recherche la transparence, le jeu entre l’ombre et la lumière. Je peints mes natures mortes à plat, de face, sans angles de fuite. La profondeur vient de la lumière et de l’ombre.

Ph. D. : Où avez-vous appris à peindre ?

Mitro : J’ai fait toutes mes études du primaire à l’université dans des écoles d’art à Bucarest en Roumanie. Les cours y sont très académiques, j’y ai appris toutes les bases techniques et l’histoire de l’art.
A partir de ces bases, chacun est parti dans des directions différentes. Tous mes collègues travaillent sur des compositions abstraites. Je suis considéré par eux comme un Dinosaure.
Ce qui est important pour moi, c’est la sincérité et le travail.
Bien sur j’ai des idoles, la liste est très longue. Ce qui est important c’est de se détacher de ses idoles, de construire un travail sincère et intime.
Chaque peintre est sensible à quelque chose. Il ne faut pas chercher à en dire trop ou plus, mais chercher à être juste.

Ph. D. Qui vous a donné envie de peindre ?

Mitro : Cela c’est fait naturellement. Selon ma Mère, tout petit j’aimais déjà rester seul chez moi, pour jouer avec des couleurs. Ma Mère m’a poussé.
Je crois que chacun a un talent, qu’il faut le découvrir, ne pas passer à coté de sa vie. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont aidé et encouragé.

Ph. D. : Comment travaillez vous ?

Mitro : Je travaille avec tous les outils disponibles comme les croquis, les photos, les notes, mais après je recompose les vues. Je suis libre. Je prends une terrasse là, un escalier ici, une fenêtre ailleurs, et je recompose ma vue. Je ne travaille pas « à la lettre ».
J’ai essayé de peindre en rentrant d’un voyage, mais sans résultat. J’étais trop précis, trop dans le détail.
J’ai besoin d’attendre, de décanter pour garder l’essentiel. J’ai visité Venise en 1990, et je n’ai peint Venise qu’en 1998. En 1990 je peignais des clowns, vous voyez que je peux peindre aussi des personnages.

Ph. D. Comment avez-vous le sentiment d’avoir évolué ?

Mitro : Difficile pour moi de dire si j’ai évolué, c’est à vous de le dire.
Pour moi chaque toile est une nouvelle page. J’ai le souci permanent d’évoluer, de travailler pour progresser. Bien sur j’ai un fil conducteur.

Nous avons ensuite poursuivi l’échange librement. Moment magique où l’Artiste m’explique que le plus important c’est ce que nous lui disons de son œuvre, pas ce qu’il en dit. Oui Monsieur Mitro, je suis sensible à cet escalier qui descend mais vers où ? à ces deux chaises vides qui parlent de la vie des personnages absents, à la lumière qui habitent vos tableaux, lumière qui symbolise pour moi l’absolue mais dont nous ne percevons que l’antagonisme entre l’ombre et la lumière, dont la profondeur qui s’en dégage indique un chemin de recherche, Merci.

Interview réalisée par Philippe Deramecourt, Directeur Financier et amoureux d'art contemporain.
"D'Art parce qu'une oeuvre éclaire toujours une partie de nous même, contemporain parce que le langage utilisé éclaire aussi le contexte de nos réflexions."

     
 
   

 

 

1 - Mitro lors lors du vernissage de son exposition à la Galerie Art Comparaison de La Baule, © Philippe Deramecourt
2 - Mitro et Philippe Deramecourt
3 - Rumeurs, © Mitro

     
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