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Valérie Mréjen

Valérie MREJEN

Diplômée de l’École d’arts de Cergy-Pontoise en 1994, Valérie Mréjen a participé depuis à de nombreuses expositions. Son œuvre se situe à l’intersection de plusieurs territoires artistiques, entre littérature, cinéma et vidéo.

À travers ces différents médias, l’artiste explore le langage et ses multiples possibilités, en s’inspirant d’histoires courtes et familières puisées dans son quotidien. Elle dessine ainsi sans complaisance et sans illusion une petite mécanique des relations humaines traversées par les malentendus et les lieux communs. "La place de la concorde" constitue la première exposition monographique de Valérie Mréjen dans une institution. Son titre fait à la fois référence à la situation géographique du Jeu de Paume et aux discordes ou malaises qui sont le sujet de nombreuses de ses œuvres. L’exposition, en plus d’une douzaine de ses premières vidéos, présente ses travaux les plus récents et propose quatre vidéos réalisées pour cette occasion, ainsi qu’une installation intitulée Je ne supporte pas, réunissant les réponses récoltées par l’artiste à la question "Qu’est-ce que vous ne supportez pas ?"

Dès la fin de ses études, Valérie Mréjen commence à éditer artisanalement des petits livres illustrés, aujourd’hui réunis dans un album pour enfants (Une dispute et autres embrouilles, PetitPOL, 2004). Elle a également publié chez Allia Mon grand-père (1999), suivi de L’Agrume (2001) et de Eau sauvage (2004), trois textes d’inspiration autobiographique (son grand-père, un ancien amant et son père en sont respectivement les sujets) qui restituent, à travers une écriture fragmentaire, la musique du langage familier.

Parallèlement, elle a réalisé depuis 1997 plus d’une vingtaine de courtes vidéos dont une sélection est présentée au Jeu de Paume. Ces saynètes prennent pour points de départ des situations banales, menus incidents et anecdotes parfois cruelles ou étranges. Cadrages fixes, décors épurés, mises en scène minimales et plans séquences en constituent le dispositif récurrent. Cette économie de moyens contribue à détacher ces sketches d’un contexte socioculturel et à préserver le sens et la lisibilité du lieu commun. Les textes rigoureusement écrits, inspirés de formules toutes faites ou de mots "trouvés" chez d’autres, sont énoncés avec distance par des comédiens et pointent ainsi les dysfonctionnements de nos échanges quotidiens en trahissant des situations d’insatisfaction, de non-dit ou de gêne. La vacuité de ces discours, devenus un liant tout préparé et mal ajusté, véritables dialogues de sourds, confère à ces œuvres une dimension absurde et tragi-comique.

Si le traitement des rapports humains dans l’œuvre de Valérie Mréjen peut susciter le rire ou la gêne, le point de vue de l’artiste n’est jamais méprisant. Elle décrit en effet les ressorts d’un trouble dont elle ne s’exclut pas : "Tous ces gens... Tous ces corps, ils respirent. Ils ont tous des choses à faire. Ils habitent quelque part. Toutes ces existences. Chaque nom, chaque histoire, tous ces souvenirs d’enfance. Les visages, les vies côte à côte. Les transports en commun, les concerts, les bureaux. Toutes ces langues que je ne comprends pas. Tous ces endroits où je n’irai jamais".