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Mike Nelson

Mike NELSON

Mike Nelson, crée des installations complexes effectuées avec une variété d’objets et de matériaux qui combinent des références issues de la littérature, du cinéma, de l’architecture et des échanges sociaux et culturels. En entrant dans ses constructions, le visiteur est immergé dans un monde entre réel et fantasme, pris au piège d’un terrain permettant toutes sortes de libres associations. Ces scénarios se manifestent de nombreuses façons, souvent sous l’apparence de séquences de chambres interconnectées et de couloirs. L’oeuvre est plus allusive que révélatrice et entretient délibérément une grande qualité énigmatique.

Dans ses installations, Mike Nelson invite d’ailleurs à adopter l’attitude d’un explorateur, ou du moins celle d’un lecteur, puisque la succession des différents composants comme la diversification des points de vue apparaissent comme autant d’agencements de signes dans un système fictionnel. Ses dispositifs invitent aussi le spectateur à s’intéresser à l’envers du décor. Ensemble, ces éléments révèlent le rapport qu’entretient Mike Nelson avec la parodie. L’idée de pastiche permet de saisir la manière avec laquelle il met en scène son travail et joue des clichés et des genres. Il dit parfois de ses constructions qu’elles sont une tentative d’aller à l’épuisement de son propre style dans le sens formulé par Borges, dans l’introduction de l’Histoire Universelle de l’infamie, lorsqu’il décrit le style baroque comme un style qui épuise délibérément toutes ses posssibilités et de ce fait se situe à la limite de sa propre parodie.

Par ses choix d’objets et d’éléments architecturaux, Mike Nelson cultive une esthétique du rebus et du débris. L’aspect dégradé donne à ses objets une qualité de vestiges qui sont autant des supports d’histoires passées que des éléments pouvant se répéter dans le fantasme. Le débris ou la ruine contiennent les notions de temps, de transformation et de dégradation. Ces idées récurrentes dans le travail de l’artiste font précisément écho au concept d’entropie développé par Robert Smithson. On trouvera parfois une autre référence au travail de celui-ci, sous forme de clin d’oeil, dans le recours à l’artifice du miroir comme moyen de créer une illusion et comme symbole de projection mentale.