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Aurélie Nemours

Aurélie NEMOURS

La vie d’Aurélie Nemours, remarque Serge Lemoine, se place « sous le double signe de la peinture et de la solitude ». Studieuse, elle s’est astreinte à d’interminables études qui l’ont conduite de l’École du Louvre à l’atelier de Fernand Léger, en passant par ceux de l’affichiste Paul Colin et du peintre néo-cubiste André Lhote. Ce n’est qu’en 1948 qu’elle commence à exposer (au salon des Réalités Nouvelles). Dans la foulée elle rencontre Auguste Herbin, Michel Seuphor, et la découverte tardive de Piet Mondrian conforte son orientation vers une abstraction construite, où rapidement vont dominer la verticale et l’horizontale. Sa première exposition personnelle a lieu en 1953, à la galerie Colette Allendy.

En 1957 elle adhère au groupe Espace et participe, à partir de 1961, aux manifestations du groupe Mesure. Elle poursuivra jusqu’en 1959 sa première grande série, celle des Demeures, où se manifeste un style personnel, caractérisé par l’emploi du blanc et noir et d’une trame lacunaire, réduite à des + et des –. Parallèlement elle charpente fortement d’autres tableaux à l’aide de bandes ou de rectangles de couleur, opposant contrastes et gradations sourdes.

Au cours des années 60, elle retrouve le damier cher à Theo van Doesburg et Piet Mondrian, et parcourt des contrées que les artistes du Hard Edge et du Minimalisme fréquentent de leur côté. La structure du carré, la grille, retiennent son attention... À la fin des années quatre-vingt, elle a peint des monochromes aux tons rompus, qu’elle présente seuls ou assemblés par trois ou quatre... La série intitulée Structure du silence a été précédée par vingt et un bozzetti, de petit format (l’ensemble a été exposé intégralement, à l’Atheneum, à Dijon, en 1986). Elle porte aussi deux autres titres – 4,3,9,16 et 61 carrés – qui renvoient au processus de construction. (La date et le numéro de chaque œuvre semblent incertains, Serge Lemoine reproduisant dans son livre, une œuvre différente portant le même titre que celle du Frac de Bourgogne.)

Le titre Structure du silence, remarque Christian Olivereau, « correspond à l’esprit général de ces œuvres et les replace dans le domaine de l’intuition et de la méditation ». Avec cette série, Aurélie Nemours reprend et poursuit un type de composition déjà présente dans certains pastels des Demeures (celui de 1958, de la collection Arp à Locarno, par exemple). Du jeu du positif et du négatif qui intègre les limites de la toile, naît un espace contourné et clos, dans lequel Gottfried Honegger voit la plénitude d’un “oui”. « La recherche spirituelle d’Aurélie Nemours, écrit Serge Lemoine, témoigne d’une éthique de l’effort, de l’ascèse, du renoncement, toute cistercienne et d’une volonté d’être en accord avec les règles universelles. »