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Jorge Pardo

Jorge PARDO

Jorge Pardo vit et travaille à Los Angeles. Son travail se situe à la frontière de divers champs artistiques, arts plastiques, design, architecture, sculpture, graphisme.

Son oeuvre se situe dans la friction entre les différents champs artistiques : tout en agissant à partir du territoire des arts plastiques, Jorge Pardo forme l’ambition d’être à la fois designer, architecte, sculpteur et graphiste, semant le trouble entre les notions d’objet et d’œuvre d’art et perturbant la pratique contemporaine de l’exposition.

L’œuvre de Jorge Pardo est révélatrice d’une tendance actuelle de l’art contemporain qui oscille entre les arts plastiques, le design et l’architecture. Il soulève des questions propres à cette ambiguïté née de l’éclatement des frontières traditionnelles de l’art vers une forme d’œuvre d’art total qui investit des objets du quotidien : leur fonctionnalité, l’introduction dans son travail des arts appliqués, la question du devenir de l’œuvre dans le cadre de sa production en série, le rapport avec la décoration, interrogent la place et le statut de l'art.

Ces problématiques propres à cette extension des limites du champ artistique au design et à l’architecture sont le pendant des questions proprement plastiques énoncées dans le travail de Pardo : souci de la forme, de la répartition des éléments dans l’espace, etc.

Ainsi l’œuvre «Halley’s, Ikeya-Seki, Encke’s» (1996) se présente-t-elle comme un petit salon : elle rassemble deux fauteuils sans accoudoir et une table basse disposés sous cinq lustres, dont la nature oscille dans un fragile équilibre entre fournitures d’expositions et œuvres d’art. Le rôle du contexte et du regardeur sont alors essentiels dans ce débat post-Duchampien à propos de la différenciation entre les objets d’art et les simples objets du monde.

Du fait de l'existence de séries, il faut souvent regarder l'œuvre de cet artiste comme une installation distendue entre plusieurs pièces, même si chaque objet peut être envisagé pour lui même, telle Guadalaraja, œuvre constituée de plusieurs sièges, puzzle géant dont les pièces peuvent s’emboîter les unes aux autres dans un ensemble plus vaste.

Enfin le travail de Jorge Pardo questionne la notion d’exposition. Ses œuvres créent des environnements intérieurs à l’usage indéterminé. Le spectateur est conduit dans un lieu mis en forme par les œuvres : entre espaces utilitaires, salon et espace de décoration, celles-ci semblent jouer sur l’ambiguïté de leur effacement en tant qu’œuvres au profit de la création d’un lieu, d’une ambiance où elles deviendraient comme par mimétisme, le mobilier même du lieu d’exposition. Telle l’œuvre Untitled (Lamps for Moderna Museet), dont le titre évoque l’installation luminaire d’un lieu d’exposition ou encore l’œuvre rassemblant une centaine de lampes.

L'artiste questionne ainsi les notions d'espaces public et privé et ébranle la pratique de l'exposition lorsqu'il expose une architecture. Il distend ainsi les limites de l’œuvre d’art, nous interroge sur la nature de ses objets : sculptures, architectures ou objets de design, et teste les limites des lieux d’expositions.