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Cornelia Parker

Cornelia PARKER

Les photographies de ciels et de nuages présentées lors de la première exposition personnelle en Italie (Turin, 2001) de Cornelia Parker semblent vraiment idylliques. Seul problème, ces images ont été prises par le commandant du camp de concentration d’Auschwitz. Plus loin est suspendue une chemise de nuit de femme : il s’agit de celle portée par Mia Farrow dans le film Rosemary’s Baby. Roman Polanski s’est inspiré du massacre de sa femme à Bel Air par Charles Manson pour réaliser ce film d’horreur, l’un des plus noirs des années 1970.

Les «prélèvements» et ready-made de l’artiste britannique font toujours référence au fétichisme, à une mémoire historique qui, une fois dévoilée, rend ces objets paradoxaux ou troublants. L’exposition présentait de nombreuses œuvres inédites, dont une série de «dessins pornographiques», ainsi définis par l’artiste car réalisés à partir de restes de films “hard” saisis et brûlés par la police.

En récupérant la mémoire des choses et en leur restituant ainsi un sens, Cornelia Parker arrête le cours de l’histoire : cette suspension est également physique puisqu’elle a coutume d’accrocher élégamment des fragments d’objets au bout de fils transparents. Ainsi à Turin, deux vêtements nuptiaux, un de femme et un d’homme, se font face dans le vide. L’habit masculin est perforé de projectiles en forme de perles, comme si celles-ci avaient été retirées du vêtement de la mariée, lui-même criblé de trous de pièces de monnaie, celles que les hommes ont l’habitude d’oublier dans leurs poches.

Si les passionnés des aventures de Kay Scarpetta dans les ouvrages de Patricia Cornwell ne manqueront pas de remarquer certaines ressemblances (de Body of Evidence à All that Remains), les deux vêtements évoquent l’ambiance plus légère de «Beetlejuice», le petit monstre démoniaque et méchant du cinéma qui veut épouser la maîtresse de la maison qu’il envahit. Parmi les autres pièces de l’exposition se trouvent une poupée ayant appartenue à l’écrivain Mark Twain, décapitée avec la guillotine de Madame Tussaud, l’inventeur du musée de cires, ou de la terre provenant des tranchées creusées pour les travaux de restauration de la tour de Pise.