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Michelangelo Pistoletto Arte Povera

Michelangelo PISTOLETTO

Après les Tableaux-miroirs (exposés à partir de 1962), Pistoletto développe, dès le milieu des années 60, la série des Oggetti in meno (Objets en moins).

En 1967, lorsque Germano Celant s’attache à définir le concept d’Arte Povera, Pistoletto en incarne déjà certains principes, comme l’usage de matériaux non nobles. Pourtant, son œuvre reste singulière au sein du groupe. Marqué par les expériences du Living Theatre, il créé sa propre compagnie, le Zoo, active jusqu’en 1969, dans laquelle l’implication du public trouve, par rapport aux miroirs, une "orchestration" concrète, hors du champ des arts réputés "plastiques".

Pour Pistoletto, l'utilisation des miroirs prend paradoxalement naissance dans un amour de la sculpture, détourné au profit d’une réflexion sur la peinture pour, en définitive, renouer avec la tridimensionnalité, en autant d’étapes, depuis les Tableaux-miroirs jusqu’aux sculptures en polyuréthane et en marbre des années 80.

Le Metrocubo d’infinito (Mètre-cube d’infini) fait partie de la série des Oggetti in meno (Objets en moins) qui, comme l’explique Pistoletto lui-même, sont des objets "soustraits à sa propre unité", autrement dit, des objets qui n’expriment pas sa propre personnalité puisque ce sont des parodies des tendances artistiques contemporaines. Ainsi, le Metrocubo d’infinito emprunte la rigueur de l’Art Minimal.

Cependant, au delà de la citation, Pistoletto poursuit avec cette œuvre sa quête sur les effets du miroir. Ce matériau, utilisé depuis les Quadri-Specchianti (Tableaux-miroirs), pour introduire le mouvement dans la peinture, bénéficie dans ce dispositif d’une démarche de "libération". En effet, les miroirs placés ici à l'intérieur de la sculpture sont "si étroitement proches" qu’on ne peut rien voir. Les six miroirs ne reflètent qu’eux-mêmes, mutuellement et à l’infini. Comme le souligne l’artiste, "en mettant le nez dedans, la dimension de ce qui se produirait à l’intérieur se serait altérée et le travail aurait changé".