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Marion Poussier fait partie des guetteurs de nos
sociétés que sont certains photographes. C'est en
relisant sa mémoire qu'elle nous implique dans ce monde complexe
de l'adolescence. lls sont là et s'observent dans le secret
de leurs petits mensonges, déstabilisés par leurs
corps en période de mue. Le désir qui les cueille
et les anime, les rassemble parfois ou au contraire les contraint
à la bonne distance.
Marion s'éloigne des chamboulements que
traversent ces jeunes, bousculés, bringuebalés par
nos sociétés. Elle procède par découpage
dans les colonies de vacances. C'est son champ d'investigation.
Dans cet espace en creux, elle positionne son point de vue. Devant
elle, les personnages de son choix évoluent silencieusement
dans ce décor où se chuchotent des gestes teintés
de couleurs sucrées.
Nous, nous sommes face à ses sages images,
les spectateurs d'un théâtre de mimiques dont les effleurements
sont les tâtonnements de la vie. C'est un lieu où s'inventent
des histoires cernées de maladresse pour certains et pour
d'autres d'assurance mal contrôlée.
Cette évanescence de moments tendres et
mélancoliques évoque tout à la fois le reflet
de nos sociétés et le miroir de nos souvenirs d'enfance.
En ce sens-là aussi son travail est précieux.
Sources : Yann Legoff (extrait du dossier de
presse des Rencontres Internationales de la Photographie d'Arles
2006)
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