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Fiona Rae

Fiona RAE

Fiona Rae vit et travaille à Londres. Elle est apparue sur la scène artistique au sein de la génération des Young British Artists, formée au Goldsmith's College pendant les années 80. Déjà sélectionnée pour le prix Turner en 1991, elle a été choisie pour élaborer le nouveau décor du restaurant de la Tate Modern de Londres.

En 1990, Fiona Rae délaisse son analyse distanciée du geste pictural, caractéristique des toiles de 1988-89. En explorant différentes variations de touche, elle crée des «cellules» sur un fond monochrome, souvent blanc. Avec ses nouvelles œuvres, la touche, maintenant rejointe par des citations (bandes dessinées ou autres), est libérée de cette organisation systématique. Ses toiles, de grand format, démarquent les œuvres des peintres américains de l'expressionnisme abstrait et s'attaquent pour la première fois au champ coloré, parfois divisé en zones de couleur.

A la fin des années 90, Fiona Rae commence les «Black series», ensemble où des barres cernées de liserés de couleur se détachent sur un fond noir. Des touches très travaillées se superposent au statisme des rectangles. Dans leur expressivité, elles évoquent une matière bourgeonnante en perpétuelle mutation. Le travail des textures, l'effet de clair obscur, l'ombrage proche des mises en forme proposées par l'informatique rappellent l'univers formel des films d'horreur. Très loin de la froideur analytique des premières peintures, et tout en favorisant une conscience aigue des moyens utilisés, Fiona Rae échappe au formalisme. Sa recherche des effets de lumière, d'atmosphère spécifique relie directement sa peinture aux images vues ou aux expériences vécues dans le monde extérieur, ce que traduisent les titres des œuvres apparues en 1996.

A partir de 2000, changement de gamme de couleur. Ses peintures retrouvent les bleus, roses, gris, vert prairie, d'un rendu légèrement métallique, nocturne. Dans ces peintures basées sur un espace flottant, l'artiste accentue notre désorientation grâce à la répétition des mêmes fragments de caractères typographiques occidentaux ou japonais à des échelles et dans des sens différents. A l'utilisation d'un éclairage directionnel fort lié aux ombres à la fin des années 90, succède un usage de paillettes, de peinture en bombe dont les halos brouillent la lecture spatiale. Les «Font series» traduisent un univers étrange, high-tech, dont la virtualité semble être une version très contemporaine de la «cosa mentale» de la peinture.