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Klaus Rinke

Klaus RINKE

Klaus Rinke est un artiste à la fois emblématique des mouvements et des recherches artistiques des années soixante – soixante-dix, parce que son travail extrêmement riche et multiple semble condenser toutes les interrogations de l’époque, et singulier et atypique, parce qu’il a toujours fait preuve d’une grande liberté et d’une remarquable indépendance vis-à-vis des courants artistiques.

Connu plus particulièrement pour ses sculptures, ses installations et ses actions avec l’eau, ou pour ses performances et photographies dans lesquelles il utilise son propre corps pour « démontrer » et rendre perceptible des notions abstraites comme le temps, l’espace, la gravité, Klaus Rinke a également une importante production de dessins, de peintures aux formes organiques, pour une bonne part inspirées par sa longue expérience auprès des aborigènes en Australie. Il a aussi réalisé une quantité phénoménale de photographies, en particulier des vues de la mer, en couleur ou en noir et blanc. Enfin, on peut voir ses nombreuses interventions dans l’espace public, notamment avec les horloges, objet récurrent, lui aussi, depuis 1972. C’est précisément en 1972 que Klaus Rinke prend véritablement sa place sur la scène artistique internationale, avec sa première participation à la Documenta de Kassel (Documenta 5), et à de nombreuses manifestations internationales. Il côtoie et est traversé par les mouvements importants de ces années : art conceptuel, body art, land Art.

À travers des formes et des actions simples, élémentaires, il cherche à rendre perceptible l’unité, l’identité structurelle entre l’espace et le temps, entre le mouvement et la pensée, entre les lois physiques et le comportement anthropologique. Tout naturellement, c’est à travers l’utilisation de son propre corps que vont s’opérer ses premières actions. Avec Monica Baumgartl, il produit ses « Primärdemonstrationen » (premières démonstrations) « le temps – l’espace – le corps et l’action » à la Galerie L’Attico de Rome et à la Reese Palley Gallery à New York.

Klaus Rinke a réalisé, également en 1972, le double miroir de cette œuvre, dans laquelle le processus est renversé, le temps d’exposition augmenté plutôt que diminué, pour aboutir au même phénomène, mais inversé. L’image disparaît en noircissant : « Momente (addiert) oder im médium verschwinden (schwarz) » (Moment (additionnés) ou disparaître dans le média (noir).

Dans toutes ces actions, qu’il préfère d’ailleurs nommer « actions sculpturales », plutôt que performance, ce sont d’abord des phénomènes physiques, spatiaux ou, temporels qui sont « démontrés », avec une précision, un dépouillement et une simplicité qui n’a rien à voir avec le champ symbolique et rituel exploré par Joseph Beuys, dont il fut l’ami, et le collègue à la Kunstakademie de Düsseldorf.

Article de Danièle Yvergniaux - FRAC Bourgogne