Les parents de Willy Ronis ont fui les pogroms
et sont venus s’installer en France. Sa mère est pianiste.
Son père, travaille tout d’abord dans un studio photo,
puis ouvre son propre studio boulevard Voltaire. Willy Ronis a 16
ans quand son père lui offre son premier appareil photo.
Pour sa première photo, il photographie la Tour Eiffel.
Il débute comme photographe en travaillant
dans le magasin de son père. Lorsque celui-ci tombe malade
en 1932, il prend la relève. Aux photographies conventionnelles
et commerciales, il préfère les œuvres des photographes
humanistes américains qui témoignent du sort des pauvres.
Il commence à photographier les rues de
Paris. Il s’intéresse également aux gens simples,
comme les clochards sous les ponts (Sous le Petit Pont, 1934) ou
des ouvriers la nuit, à la lumière d’un brasero.
Homme de terrain, il photographie, dès 1934, les manifestations
ouvrières, la Fête de l’Humanité à
Garches, le 20e anniversaire de la mort de Jean Jaurès...
Mais les affaires vont mal. Son père décède
en juin 1936 et Willy Ronis abandonne le magasin à ses créanciers.
Il déménage alors avec sa famille au 117 boulevard
Richard-Lenoir dans le 11ème arrondissement. Un mois plus
tard, Willy Ronis est au défilé du 14 juillet à
la Bastille. Il prend une petite fille, le poing levé, sur
les épaules de son père. La photo paraît dans
L'Humanité marquant ses débuts dans le métier
de photographe indépendant.
Jusqu’à la guerre, Willy Ronis parcourt
Paris, accumulant des archives. Il aime photographier les gens mais,
timide, il ne s’approche jamais beaucoup, ne les prend pas
de face. Il aime particulièrement les personnages isolés
dans une foule, un peu mélancoliques, comme cette fille dans
le métro aérien (1939).
Pendant la guerre, Willy Ronis fuit Paris. Il franchit
clandestinement la ligne de démarcation en 1941 et rejoint
Nice. Il fait la connaissance de Jacques Prévert et noue
une grande amitié avec l'écrivain. Ce dernier lui
consacre d'ailleurs un poème : "Les mystères
de la chambre noire".
A la fin de la guerre, Willy Ronis rentre à
Paris. Il reprend tout de suite son appareil et photographie le
retour des prisonniers en 1945 ou la joie des parisiens le jour
de la Victoire. Il rejoint le Groupe des XV et l'agence Rapho fondant
ainsi l'école humaniste française avec d’autres
photographes comme Robert Doisneau ou Izis. Il effectue plusieurs
expositions en France et à l'étranger ainsi que de
multiples reportages.Willy Ronis se lance dans le reportage et acquiert
sa notoriété en réalisant des sujets «sociaux
» sur les luttes ouvrières et la vie quotidienne des
Français. Willy Ronis habite toujours dans le 20e arrondissement
de Paris. Il est l’un des derniers grands maîtres de
la photographie encore vivant. |