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Helene SCHJERFBECK

Helene SCHJERFBECK

Enfant prodige, Helene Schjerfbeck poursuit sa formation académique à Paris, dans les rares ateliers libres ouverts aux femmes. Elle opte alors pour un naturalisme que sert une grande virtuosité technique lui valant de précoces succès. Cette période est marquée par de nombreux voyages, en Bretagne, en Angleterre, en Russie, en Italie. A l'extrême fin du XIXe siècle, dans une Finlande luttant pour l'indépendance, son refus du romantisme national dont Akseli Gallen-Kallela a pris la tête, la marginalise. Une santé fragile depuis son enfance l'amène alors à s'installer à une cinquantaine de kilomètres d'Helsinki dont elle restera absente durant quinze ans.

C'est dans cet isolement voulu qu'elle élabore son propre langage moderne, épurant son écriture sur la base du réalisme auquel elle reste fidèle. Cette ascèse picturale s'appuie sur une attention à son environnement, peignant son entourage, les ouvrières de l'usine locale ou plus tard les infirmières du sanatorium, des paysages et des natures mortes intimes qui sont comme autant de méditations faisant échos aux autoportraits où à la fin de sa vie elle traque les progrès de l'âge, de la maladie et de la mort s'approchant.

Grâce à l'exceptionnel concours de l'Ateneum/Finnish National Gallery d'Helsinki, des musées finlandais et suédois ainsi qu'à l'apport de collections privées, plus de 125 peintures, aquarelles, dessins et documents parmi lesquels des oeuvres capitales comme La Convalescente (1888), La Couturière (1905), les deux Autoportraits de 1912 ou ceux des années 1930 et 1940 retracent le parcours de celle qui est devenue l'une des figures majeures de l'art finlandais.

"Je fus élève de l’Académie Colarossi de 1884 à 1886. Les années 1894 à 1899, j’ai été professeur de dessin à une école de peinture de l’Etat. J’ai exposé deux fois au Salon des Champs-Elysées, à Paris en 1882 et en 1884, et j’ai obtenu une médaille de 3ème classe à l’Exposition Universelle de 1889. Depuis, j’ai exposé à Stockholm en 1916, à Copenhague en 1919 et à Goteborg en 1923. Une constitution faible m’empêche de beaucoup travailler : une heure ou deux, un matin quelquefois, et, depuis 1897, je n’ai pas vu d’exposition de peinture, seulement des reproductions. Je demeure à la campagne, où l’on ne voit que des ouvriers, des jeunes filles allant à l’usine : je ne sors pas de ma chambre : un atelier, je n’ai jamais eu. Je travaille en cherchant la nature, mais en ne la trouvant pas, je gratte beaucoup et obtiens par là la « somme » de tous mes efforts ; sur cela, je continue de peindre. Mon idéal, mon rêve, est de peindre encore une fois dans la lumière de la France, la paix, la solitude, l’amour du travail, dans ce pays que j’aime tant depuis ma jeunesse…"

Helene Schjerfbeck, lettre à La Revue Moderne des Arts & de la Vie, 15 novembre 1923