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Kara Walker

Kara WALKER

Kara Walker a étudié à l’Université d’Atlanta en 1991, puis à la Rhode Island School of Design en 1994. Elle a reçu le MacArthur Foundation Genius Award en 1997 et le Deutsche Bank Prize en 2004. Kara Walker a participé à la 25ème Biennale de Sao Paulo en 2002 et a été présentée au Pavillon italien de la Biennale de Venise. Elle enseigne à l’Université de Columbia à New York.

Si l’oeuvre de Kara Walker plonge dans l’histoire, elle est tout autant impliquée dans l’actualité : «Dès qu’on commence à raconter l’histoire du racisme, on la revit, on crée un monstre qui nous dévore. Mais aussi longtemps qu’il y aura un Darfour, aussi longtemps que quelqu’un dira “Tu n’es pas d’ici”, il semble pertinent de continuer à explorer le terrain du racisme».

En 2007 a eu lieu au MAM Paris la 1ère grande exposition monographique en Europe de Kara Walker. «Mon Ennemi, Mon Frère, Mon Bourreau, Mon Amour» retracait l’itinéraire de cette artiste américaine, des premières silhouettes découpées (1994) aux films plus récents d’animation (2007).

Travaillant sur l’histoire de l’esclavage et son héritage dans la société contemporaine, elle rend compte des relations entre Noirs et Blancs, esclaves et maîtres, de la ségrégation et de ses contradictions. Elle dépeint la violence entre les hommes, celle théâtralisée des conflits en plein jour mais aussi celle non formulée de l’intimité. Tirant son inspiration de sources variées – les mélodrames historiques, les romans populaires, les récits d’esclaves, la physiognomonie –, elle vient contrebalancer l’histoire d’une Amérique magnifiée par la littérature et le cinéma.

Ses grandes silhouettes découpées dont l’apparente simplicité surprend, mettent en scène le Sud d’avant la Guerre de Sécession, faisant apparaître la richesse d’un imaginaire débridé où se mêlent fantasmes et pensées, rapport à l’autre et à soi-même, passé, présent et futur. A l’image de son alter ego, la «négresse émancipée», âme libre dans un corps d’esclave, Kara Walker traverse l’histoire en observatrice lucide et inquiétante. Sans manichéisme ni militantisme offensif, elle pratique un art des questions déstabilisantes, parfois très controversé au sein de la communauté artistique noire américaine. Dans son oeuvre comme dans la réalité, le problème de la discrimination, de la vulnérabilité est présent sous toutes ses formes – raciales, sociales ou esthétiques. Un passionnant travail sur le passé pleinement contemporain entre installations, films, collages et panoramas.

Source : exposition Mam Paris, 2007