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  Raymond Waydelich  
     
  Naissance 1938
  Lieu Strasbourg
  Etudes Arts Déco, Strasbourg & Paris
  Lieu de travail Alsace
     
   
 

© R. E. Waydelich
Source CRID’ART – exposition 2006

     
 

« J'ai été exilé dans le Périgord, à Soursac pendant la 2ème guerre mondiale avec ma grand-mère Frédérique née en 1888 à Strasbourg-Neudorf, mon grand-père Emile, ébéniste et ma mère Frieda. De retour à Neudorfen 1941, nous nous sommes réfugiés à Gougenheim où j'ai fréquenté l'école en 1943. Deux ans plus tard, en 1945, retour à Neudorf. C'est la fin de la guerre et j'entends parler français pour la première fois. A cette époque aussi, je découvre les bananes, le chewing-gum ainsi que le transistor (américain).

En 1947, j'ai fait la connaissance de ZORRO, EROL FLYNN et JOHN WAYNE au Cinéma Scala et Polygone à Strasbourg-Neudorf. J'ai commencé à rêver et je suis renvoyé de l'école municipale, rue du Lazaret. Nul, à 10 ans, je suis arrivé au Collège de Matzenheim. C'est dans le journal SPlROU que je lisais, dans les Histoires de l'oncle Paul, La vie d'Heinerich Schliemann, l'homme qui a découvert Troie. Toute ma vie il me fascinera. Un an plus tard, je suis tombé gravement malade et j'ai été obligé de rentrer à Neudorf, rue du Zellenberg. Alité pendant 18 mois, j'ai eu le temps de lire Miracle. Le destin n'a pas voulu que je meure. J'ai commencé à rêver de pêche, de palmiers et de voyages.

A 14 ans, je suis rentré en apprentissage chez mon père comme sculpteur sur bois. A 15 ans, grâce à Louis Fritsch, professeur, je suis rentré aux Arts Déco à Strasbourg. Là, ma vie bascule. C'est une autre galaxie. Au bout de quatre ans, j'obtiens mon premier diplôme ainsi que le Grand prix de la Ville de Strasbourg. J'ai passé le concours de l'Ecole nationale supérieure des Arts Déco à Paris, que j'ai fréquenté pendant deux ans, et j'obtiens ainsi mon deuxième diplôme.En 1959, sursitaire, je suis parti au 2ème Génie à Metz. J'ai demandé le service Information et Photo. Au bout de 9 mois, j'ai demandé le service Photographie de l'armée et je suis parti comme photographe au 12ème Génie en Algérie. J'y suis resté 18 mois et c'était la guerre! (maintien de l'ordre)

Début 1962, j'ai repris le travail chez mon père, comme décorateur dans son ébénisterie de Neudorf. C'est vers les années 1970 que j'ai commencé à « tâter » la création plastique. En 1973, j'ai trouvé un manuscrit de 1890 qui appartenait à une apprentie couturière, LYDYA JACOB, née à Neudorf. J'ai commencé à raconter sa vie, elle est devenue mon associée. Ma vie bascule et Lydia devient une star. Je fais ma première exposition en 1973/74.

En 1978, je suis sélectionné à la Biennale de Venise, une dizaine d'années après Hans Arp. Au Pavillon français (commissaire J.J. Leveque), j'expose un environnement « L'Homme de Frédehof, 2720 après J .C. », que je dédie à Lydia Jacob.
Les expositions et les voyages commencent.

« J’ai connu ici Ava Gardner, Greta Garbo et surtout Johnny Weissmuller, l’inoubliable Tarzan… » La scène se passe devant le Scala, sur la façade rutilante duquel se détachent, en noir, les curieux « crocodiles volants » de Raymond Waydelich. Et c’est l’artiste qui parle avec sa fougue habituelle. Les éléphants sont parmi les premiers à avoir nourri son bestiaire fantastique.

C’est aux cinémas Scala et Pelyges qu’il les a rencontrés, « Avec mes copains, on passait d’une séance à l’autre dans ces deux cinémas.» Et il ajoute « II fallait voir ce dernier ! C’était un minuscule cinéma aujourd’hui disparu, mais qu’est-ce que j’ai pu y rêver de ces grandes stars.
Il affirme, très sérieux : « D’ailleurs je les ai un jour invitées à un repas à Illhaeusern avec la veuve de Marcel Duchamp, mais elles ne sont pas venues… »

Parmi les personnages imaginaires qui le hantent figure Lydia Jacob - cette jeune fille inconnue dont il avait retrouvé les carnets intimes au marché aux puces et qu’il a fait revivre depuis dans ses oeuvres, au point de l’appeler « son associée » : « Tous les indices prouvent qu’elle est Neudorfoise », explique-t-il.

Une de ses oeuvres préférées, une ravissante maisonnette en bronze, intitulée Hommage de Lydia Jacob aux jardins familiaux est directement inspirée par le lopin de terre que son oncle entretenait à proximité du Kurgarten. Sous la maisonnette se trouvent enterrés divers objets de jardinage « à l’attention des archéologues du futur », comme il l’a fait pour d’autres témoignages de notre époque, amassés sous une dalle place de la cathédrale à Strasbourg ou à Kassel en Allemagne.

Commandée et installée par le Centre européen d’actions contemporaines (Ceeac) au milieu d’autres jardinets bien réels, elle se trouve rue de la Fourmi, à la Robertsau. Rien d’étonnant pour ce « New Dorfois », seul Alsacien avec Hans Arp à avoir été sélectionné par la biennale de Venise et habitué à la destinée transfrontalière de ses œuvres de New York à… Strasbourg !

Source CRID'ART d'Amnéville