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Lawrence Weiner

Lawrence WEINER

Les caractéristiques de l'œuvre conceptuelle de Lawrence Weiner ont été élaborées au fil d'une première carrière picturale méconnue. Dans le contexte artistique américain du début des années 60, qui hésite entre une problématique concentrée sur le pouvoir de la peinture et, à l'opposé, l'introduction d'objets quotidiens dans le domaine de l'art, Lawrence Weiner choisit une solution hybride qui consiste à démystifier la peinture en assimilant le tableau à un objet courant. Par exemple, en 1964, il expose à la galerie dirigée par Seth Siegelaub de New York des toiles représentant des hélices vues à la télévision, dont les variations tiennent aux couleurs, aux formats et aux matériaux.

Il s'agit pour l'artiste de contester l'idée qu'une peinture est un objet précieux, le tableau peint n’étant qu'une illustration de "ce que devrait être une peinture".

Plus tard, il peint des tableaux à la manière de Pollock mais contrairement à l'inventeur du Dripping, il n'est pas question ici d'en extraire la meilleure partie, mais d'indiquer le caractère aléatoire de l'œuvre dans sa matérialité. D'ailleurs chez Weiner, la couleur, le format, la dimension sont déterminés par le commanditaire. Ainsi l'œuvre inclut la participation de son destinataire, ce qui devient par la suite un facteur décisif et original de sa production conceptuelle.

En 68, Lawrence Weiner présente dans un espace public une œuvre faite de cordes et de pieux enfoncés dans le sol. Détruite par des passants, ignorant qu'il s'agissait d'art, l'artiste décide de ne plus produire d'œuvre matérielle et de cette anecdote naît sa pratique conceptuelle. Il publie la même année Statements, qui est à la fois un recueil de titres d'œuvres potentielles, et une exposition, puisque l'Art Conceptuel n'habite plus d'autre lieu que l'espace mental.