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Bill Woodrow

Bill WOODROW

La Grande-Bretagne est depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale le foyer de réflexion le plus intense sur l’évolution de la sculpture dans l’art vivant. Les lieux les plus remarquables de cette recherche furent les écoles d’art et notamment Saint Martin’s School Of Art où Bill Woodrow fit ses études jusqu’en 1971.

Son passage l’année suivante à Chelsea School fut tout aussi déterminant pour sa carrière car Bill Woodrow y rencontra les futurs protagonistes de ce que l’on baptisera la Nouvelle sculpture anglaise. Il est, à cette époque, le spectateur attentif des débats contradictoires qui émergent entre les partisans des installations, mises en scène de l’art, et les “Land’s Artists”.

De cette observation attentive qui durera plusieurs années, Bill Woodrow conservera un goût de la narration critique et de l’enchevêtrement des volumes. En effet, ses 1ères constructions au début des années 80 sont bâties avec des matériaux métalliques – tôle, cuivre, aluminium – qui se prêtent à la conception des formes les plus complexes dans l’espace. La particularité de cette pratique est l’étrange dichotomie de son déroulement.

Dans un 1er temps, une quête solitaire d’objets manufacturés de la société de consommation – éléments de carrosserie de voiture, vieux matériel hi-fi – permet une accumulation hétéroclite dans l’atelier de travail. Puis le chalumeau découpe jusqu’à créer une histoire, une forme. Durant cette fabrication sur un registre et une inspiration libérés de l’objet matériel, Bill Woodrow en oublie la forme et le design.

Puis dans un contexte d’économie ultime de gestes et de formules, Bill Woodrow oblige à trouver, souvent à la suite d’un tracé complexe, la possibilité de construire un volume figuratif. Il n’y a à aucun moment imitation ou reproduction. Ses sculptures n’ont pas de référence avec l’art animalier ; elles sont autres. Dans cette nouvelle exigence guidée par une économie arbitraire, le répertoire de Bill Woodrow joue sur des critères de beauté déroutants où la référence absolue demeure l’émotion poétique.