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Rémy Zaugg

Rémy ZAUGG

Rémy Zaugg édite très jeune (1961) ses premières linogravures. Il se souvient que sa période expressionniste et son adolescence se sont achevées en 1967 devant la grande toile bleue de Barnett Newman, au Musée de Bâle. Son art est marqué par de nombreuses lectures de théories picturales (Paul Cézanne, Léon Bastista Alberti…) et autres (Ferdinand de Saussure, Roland Barthes, Karl Popper, Maurice Blanchot, Georges Bataille…).

À partir de 1967, un plan monochrome tend à masquer ses images. Il expose en 1972, à Bâle, l’important ensemble Dedans-dehors qui comprend trente-deux séries de sérigraphies, réalisées avec l’aide de Michèle Röthlisberger (dont de nombreuses variations sur la grille et le cube perspectiviste, la dernière confron-tant des rectangles monochromes à des reproductions de peintures), accompa-gnées de sculptures en formes de cubes ou de parallélépipèdes, aux allures de cages, de caisses d’emballage, de valises, de tiroirs…

Ses réflexions sur la peinture et ses conditions de perception vont le conduire à réaliser les scénographies de nombreuses expositions (Xe Biennale de Paris, en 1977 ; Balthasar Burkhard, en 1983, etc.). Ses propres expositions sont pareillement minutieusement conçues. Il a collaboré, avec les architectes de l’Atelier 5, à l’aménagement des nouvelles salles du Musée de Berne.

« Zaugg, écrit Jean-Christophe Amman, lie la position de l’artiste à celle du spectateur, du spectateur étranger en quelque sorte, parce qu’il pose la question existentielle de l’œuvre d’art non seulement pour l’œuvre elle-même, mais aussi pour le “sujet percevant”. » (Rémy Zaugg a eu des expositions personnelles, au Consortium, à Dijon, en 1989 et 1992. Il a participé à la conception de la résidence universitaire Antipodes et à celle du plan directeur du campus de Dijon avec les architectes Jacques Herzog et Pierre de Meuron.) Les trois tableaux ont fait partie des expositions Personne, au Consortium en 1989, et Personne II, à la galerie Anne de Villepoix, à Paris, en 1990.

Le titre de chaque tableau fait écho au titre générique et renvoie à une thématique de l’absence, dans laquelle Rémy Zaugg relie des réflexions sur la trace et l’effacement, qui lui viennent de Maurice Blanchot, à une théorie générale de la perception – « peindre c’est percevoir, percevoir c’est peindre » écrit-il sur une de ses toiles. Sa conception de la perception marie, selon Xavier Douroux, la théorie de la pure visualité (la Sichtbarkeit de Conrad Fiedler) à celle de l’empathie (l’Einfühlung de Theodor Lipps).

Article de Christian Besson – FRAC Bourgogne