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Entre apparition et disparition, dévoilement
de l’image et dévoiement de son immédiateté
sémantique… les trois artistes invités dans
l’exposition « Vraiment ? » investissent, par
des voies diverses, l’écrit pour fabriquer un langage
visuel.
Surtout, ils s’en amusent, l’utilisant
chacun comme un outil formel révélant une autre nature
que ce qu’il laisse entrevoir lors d’une approche -
d’une lecture - immédiate. Par jeu, pudeur, provocation,
ironie ou goût pour le malentendu, ils triturent le texte
et le maltraitent, tout en questionnant par-delà la potentielle
véracité du message délivré au regard,
montrant en outre des choses qui ne sont pas toujours ce qu’elles
prétendent être.
Ainsi Stefan Brüggemann , artiste mexicain
qui expose pour la première fois en France, fonde-t-il l’essentiel
de son travail sur la question de l’incompréhension.
En communiquant sur les « Misunderstandings », comme
le laisse voir son néon mural ou le mot est écrit
à l’envers, l’artiste ouvre une brèche
dans le processus de lecture et d’appropriation du sens, et
aménage un lieu de discussion dans l’interstice ainsi
créé.
Autre œuvre lumineuse, Words that become Pictures,
Pictures that become Words participe de cette confusion des choses
et des genres induite par l’écriture. La phrase initie
en creux une sorte de négation paradoxale contenue dans deux
affirmations, dont on ne sait finalement si elles sont complémentaires,
antinomiques ou bien se neutralisent.
Dans ses photos de vaguelettes en néons,
motif purement ornemental découvert dans un lieu public,
François-Xavier Courrèges génère comme
des fragments d’une écriture automatique, voire compulsive.
Si les mots n’existent pas, c’est ce qui paradoxalement
les fait apparaître à l’esprit et affirme l’impact
visuel du texte.
De même dans ses dessins au stylo de couleur
réalisés sur de traditionnelles feuilles de papier
A4, qui tous confinent à l’écriture «
instinctive » ou au « gribouillage », c’est
presque une correspondance intime que pudiquement l’artiste
a effacée en refusant de la livrer. Révélant
presque la forme écrite à travers sa disparition,
ils laissent chacun seul face à la question du sens.
Artiste anonyme dont on ne connaît pratiquement
rien, n’était-ce un « nom de scène »
qui comme pour tous les tagueurs permet de le désigner sans
l’identifier, PRVTDNCR (pour « Private Dancer »)
inscrit son travail dans le contexte urbain de Los Angeles. Ses
photographies sont des témoignages d’actions où
des murs et des canapés (nombreux dans le ghetto) sont tagués
à la bombe par l’artiste. Immédiatement barrés
avec une autre couleur, ces slogans qui lui permettent de «
s’approprier » le paysage constituent autant d’affirmations
et de négations à la fois ironiques, vigoureuses et
provocatrices, comme ce Sorry about your face écrit en face
d’un salon de coiffure à la mode.
Sources : dossier de presse de la galerie Baumet
Sultana
Voir
la fiche de François-Xavier Courrèges
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