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Pour
mieux montrer l'art tel qu'il est en train de se faire, la Biennale
joue à déterminer dès aujourd'hui la production
artistique qui fera date demain. D'où le titre "L"histoire
d'une décennie qui n'est pas encore nommée".
A
ce pari ambitieux, l'exploration de l'art des années zéro
du XXIème siècle, répond un dispositif original,
avec des règles inédites de sélection conférant
à l'ensemble un air de grand jeu d'enquête. Stéphane
Moisdon et Hans Ulrich Obrist, les coordinateurs de cet évènement,
ont choisi de constituer deux cercles de "joueurs". Ils
ont ainsi laissé à une cinquantaine de spécialistes
du monde entier, auteurs, critiques d'art ou commissaires d'exposition,
le soin d'inviter un artiste, selon eux emblématique de la
décennie. "Nous avons souhaité nous trouver dans
une position d'étonnement, comme le public. Finalement, nous
présentons une liste d'artistes pour la plupart peu connus,
n'ayant jamais participé à une biennale et n'ayant
pas à leur actif de grandes réalisations", expliquent
ainsi les deux maîtres d'oeuvre du projet.
Sur
le terrain, les duos commissaire-créateur sont installés
dans des espaces similaires, sur un pied d'égalité
pour contribuer à l'écriture de cette histoire à
plusieurs. Mais de la "cité volante" de l'architecte
argentin Tomas Saraceno, au long corridor noir évoquant un
ascenseur descendant dans une mine du Sud-Africain James Weeb, en
passant par les nombreux travaux vidéos et projections, dont
deux longs-métrages du cinéaste chinois Jia Zhang-Ke
- Lion d'or de la Mostra de Venise en 2006 - , la diversité
des modes d'expression offre à chacun sa propre lecture.
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En
parallèle, un 2nd cercle d'une dizaine d'artistes est incorporé
au jeu. Ceux-ci produisent des oeuves visant à qualifier
la décennie à leur manière, parfois inattendue.
Telle
est la trame globale de cette biennale, à découvrir
au fil des quatre lieux d'expositions disséminés dans
la ville : la fondation Bullukian s'associe cette année aux
incontournables Sucrière, Institut d'Art contemporain de
Villeurbanne et MOCA de Lyon.
Sur
les trois sites principaux, des visites en petits groupes sont proposées
pour partir en mode accompagné à la rencontre des
oeuvres. Les enfants sont les plus gâtés, avec non
seulement des visites-découvertes, mais aussi des visites-ateliers
"Bac à sucre" animées par une artiste. Elles
allient une découverte de l'univers des artistes exposés
et un atelier de création. Les plus mordus peuvent même
fêter leur anniversaire à la Sucrière, tandis
que la biennale pense aussi aux adultes en proposant, les week-ends,
des parcours animés d'une heure et demi. Au menu, une sélection
d'oeuvres à découvrir sur un mode interactif avec
d'autres visiteurs et la complicité d'un médiateur.
Autre proposition inédite : goûter au trop rare privilège
de naviguer sur le Rhône et la Saône en empruntant la
navette fluviale gratuite mise en place entre la Sucrière,
le MOCA et la fondation Bullukian pour découvrir la biennale
au fil de l'eau.
Source
: article paru dans le magazine "A nous Lyon" - #61 |