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L'œuvre d'Antonin Artaud (1896-1948) occupe
une position originale dans la première moitié du
XXe siècle, au croisement de la littérature, du dessin,
du théâtre, du cinéma et de la radio. L'hommage
qui lui est rendu est l'occasion pour la BnF de rassembler l'essentiel
de sa production littéraire, graphique et enregistrée
: textes et cahiers conservés au département des Manuscrits
et dessins issus des collections publiques et privées restituent
la cohérence d'une pensée à travers ses différents
moyens d'expression.
Ces œuvres retracent les lignes de force de
son évolution depuis les débuts littéraires
et théâtraux dans les années 1920 jusqu'aux
ultimes témoignages de 1947 et 1948. En préambule
du parcours, des autoportraits invitent au face à face avec
les visages de l'homme. Puis un couloir évoque l'itinéraire
biographique d'Artaud, marqué par le délire, la médecine
qui entend l'endiguer et l'insurrection contre toute mise au pas
thérapeutique, esthétique et métaphysique. L'œuvre théâtrale, cinématographique
et critique donne à voir et à entendre le prodigieux
revers créateur de l'enfermement : passage(s) donc, singulier
et multiple, de l'autre côté du miroir de la folie
vers l'infini de l'œuvre, vers l'expérience poétique
dans son indéfinissable étrangeté. |