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  Robert RAUSCHENBERG
   
  Centre Pompidou, Paris
COMBINES - Exposition jusqu'au 15 janvier 2007
   
 

Monogram, 1955-59 Freestanding combine
© Robert Rauschenberg
Huile, papier imprimé, reproductions imprimées, métal, bois, talon en caoutchouc et balle de tennis sur toile, avec huile sur chèvre angora et pneu sur socle en bois monté sur quatre roulettes, 106,6 x 160,6 x 163,8 cm

   
 

Réunissant une cinquantaine d'œuvres majeures, la manifestation organisée cet automne par le Centre Pompidou constitue la première exposition d'envergure consacrée aux Combines de l'artiste américain Robert Rauschenberg. Ces œuvres, dont certaines sont exposées pour la première fois, proviennent d'importantes collections publiques et privées.

Robert Rauschenberg a participé au renouvellement de l'art américain en inventant un processus de création qui brouille les limites entre peinture et sculpture, juxtaposant différents médias, de la photographie à la performance. Commencée dans les années 1950, son œuvre compte parmi les plus complexes et novatrices du XXème siècle, dans laquelle l'art et la vie se confondent. Peintures, sculptures, collages, performances, scénographies, chorégraphies, décors et costumes de théâtre... : Robert Rauschenberg peut être considéré comme le précurseur de pratiquement tous les mouvements artistiques de l'après-guerre depuis l'expressionnisme abstrait américain. Pourtant, le fait d'avoir travaillé avec un large éventail de thèmes, de styles, de matériaux et de techniques lui a toujours permis de préserver son indépendance artistique.

L'exposition au Centre Pompidou se focalise pour la première fois sur la production des Combines réalisées entre 1954 et 1961 en présentant des œuvres célèbres de cette série comme Monogram (1955-1959) et d'autres montrées au public pour la première fois. Au-delà de la rétrospective la plus complète de Combines jamais montrées, l'exposition offre au public une analyse rigoureuse de leur signification politique, sociale, esthétique et autobiographique.

Dès 1953, au retour d'un voyage en Europe et en Afrique du Nord, Rauschenberg travaille à la série des Red Paintings considérées comme les premières ébauches des Combines : assemblages abstraits de différents types de matériaux recouverts de peinture suivant une méthode de combinaison de thèmes disparates, dont la plupart des motifs prendront définitivement place dans son registre iconographique. Sans aucune hiérarchie sont ainsi mélangés des objets trouvés, des images de la culture populaire et des médias, des références aux chefs-d'œuvre de l'histoire de l'art et à la mythologie et des éléments plus strictement typographiques.

C'est à partir de cette même année que Robert Rauschenberg emploie le terme « Combine » pour désigner cette série d'œuvres dans lesquelles il intègre images et objets du monde réel à la peinture abstraite, abolissant de la sorte les frontières entre peinture et sculpture. De fait, ces œuvres fondent le dialogue permanent de l'artiste avec les différents médias techniques, entre l'artisanat et le ready-made, entre la technique gestuelle du pinceau et l'image reproduite mécaniquement. Allant à l’encontre des dogmes alors en vigueur de l'expressionnisme abstrait, les Combines ont réintroduit dans l'histoire de l'art une imagerie reconnaissable issue de la vie quotidienne. Pour Robert Rauschenberg, « un tableau ressemble davantage au monde réel s'il est réalisé avec des éléments du monde réel. (...) Je ne veux pas qu'un tableau ressemble à autre chose qu'à ce qu'il est. »

Parmi les plus célèbres œuvres de cette série se trouvent Monogram (1955-1958) : une chèvre angora empaillée « entourée » d'un pneu de voiture sur une toile posée à l'horizontale sur laquelle reposent débris en tous genres ou encore Satellite (1955) dans laquelle un faisan empaillé se promène sur le châssis d'une toile abstraite.

Grâce à une sensibilité ouverte à la fois aux objets hétéroclites récupérés et à la peinture « traditionnelle », Robert Rauschenberg réussit à trouver un équilibre entre les exigences souvent contradictoires de la « vie » et de l'« art », dans le but d'ouvrir les yeux du public à son environnement réel et au phénomène artistique.

Source : Dossier de presse du Centre Pompidou

   
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