ARCHILAB
- FRAC Centre, Orléans / Tapei Fine Arts Museum, Taiwan
- jusqu'au 24 août 2008
Le FRAC Centre expose ses collections Art & Architecture au Taipei Fine Arts Museum à Taiwan. L’exposition «Archilab. Collection FRAC Centre» qui réunit quelque 250 dessins et maquettes parmi les projets les plus emblématiques de la collection du FRAC Centre, propose une traversée des expérimentations architecturales et urbaines, des années 1950 jusqu’à la période la plus récente. Cette exposition révélera les approches radicales et visionnaires qui ont bouleversé l’architecture et l’urbanisme de ces dernières décennies.
Des utopies urbaines des années 1960 à la déconstruction des années 1980, jusqu’à la révolution technologique des années 1990, toutes ces expérimentations seront retracées, dans une scénographie originale, à travers maquettes, dessins, installations, projection de films, qui nous mèneront des habitats biomorphiques des années 1950 aux projets actuels d’architectures “ intelligentes ” et réactives, s’ouvrant à leur environnement.
Cette exposition, qui réunit quelque 250 dessins et maquettes parmi les projets les plus emblématiques de la collection du FRAC Centre, propose une traversée des expérimentations architecturales et urbaines, des années 1950 jusqu’à la période la plus récente.
Dans les années 1960 en Europe, se développe un mouvement appelé «architecture radicale» qui vise à dépasser l’architecture comme champ disciplinaire pour l’ouvrir à des pratiques conceptuelles ou artistiques. Au sein des groupes radicaux, d’Archigram à Superstudio, de Haus-Rucker-Co à Archizoom, l’architecture se décline à toutes les échelles, du domestique à l’urbain, et se donne non plus comme un objet construit mais comme un environnement, en perpétuelle reconfiguration, inscrit dans le temps de l’action.
Partant du guide psychogéographique de Guy Debord (1957) et du projet Instant City d’Archigram (1969), l’exposition s’ouvre sur l’idée de « mobilité », déployant l’utopie d’une ville éphémère et nomade, animée de flux de communication et générant des événements. En Europe, dans les années 1950 et 1960, l'exploration de la mobilité en architecture conduit à la définition d'un nouvel espace, fait de modularité, de prolifération et d'agglomération de cellules (MOBILE CITY). Ionel Schein d’abord avec la maison en plastique, puis Pascal Haüsermann, Chanéac et Antti Lovag vont mettre au point des systèmes d'assemblage de cellules autonomes et connectées entre elles qui débouchent sur des agglomérations urbaines toujours recomposées.
- > Ocean
Exposition récente au Frac Centre :
L’image de la «bulle» devient l’un des emblèmes de cette architecture organique, modulable et sans fondation (BUBBLE CITY). Les recherches de David Georges Emmerich sur la morphologie des structures autotendantes contribuent au développement de constructions gonflables, et l’on assiste en Europe au cours des années 1960 à l’essor d’une architecture de l’air (Coop Himmelblau en Autriche, le groupe Utopie en France, Arthur Quarmby en Angleterre). Mais la mobilité est aussi celle des habitants ; aussi le groupe Architecture-Principe (Claude Parent et Paul Virilio, 1963-1968) affirme-t-il la nécessité d’une architecture du déplacement, où la « circulation habitable » serait favorisée par des plans inclinés et des systèmes de rampes (OBLIQUE CITY).
Dès 1958, Yona Friedman avait imaginé un projet de ville globale pour répondre à la crise de l’urbanisme moderne. Les « villes spatiales », suspendues sur pilotis et contenant des volumes habités devaient proliférer sur plusieurs niveaux à partir d'une structure tridimensionnelle. Les années 1960 et 1970 voient se multiplier des projets de villes « mégastructures », définies par une capacité infinie d'extension, un principe de modularité et une liberté de planification à travers une ossature ouverte (Huth & Domenig). Le recours, dans tous ces projets, à des formes systématiques, comme la grille ou la trame urbaine, vient servir une organisation de l'espace en quête d'un idéal égalitaire - revendication sociale, caractéristique d’une époque, qui transparaît aussi dans les compositions géométriques complexes de l'espace de Jean Renaudie ou de Renée Gailhoustet (GEOMETRIC CITY).
Dans les années 1980 et 1990, l’architecture internationale a pu contribuer à renforcer la capacité critique d'une architecture dite de la « déconstruction ». Autour du philosophe français Jacques Derrida, certains architectes américains et européens, parmi lesquels Rem Koolhaas, Peter Eisenman, Zaha Hadid, Bernard Tschumi et Daniel Libeskind, mettent en exergue l'activité théorique et la dimension conceptuelle du projet. L’architecture se libère alors du programme pour se donner comme l’exploration d’un langage.
L’architecture revendique à nouveau la notion d’événement, de « disjonction » formelle et temporelle. Dépassant la déconstruction et misant sur le potentiel exploratoire des outils numériques, une nouvelle génération émerge à la fin des années 1990, produisant une architecture « intelligente », à la fois interactive (Nox, ONL/Oosterhuis.nl), en perpétuelle mutation (Dagmar Richter) et générant des formes qui puisent dans le dynamisme et la tension des éléments (Asymptote, KOL/MAC LLC). La manifestation ArchiLab, créée avec Frédéric Migayrou en 1999 à Orléans, contribua à faire connaître en France une génération d’architectes tournés vers la recherche sur un plan international.
Aujourd’hui de nouveaux processus de conception et de production sont rendus possibles grâce aux procédés d’usinage et aux machines de prototypage rapide, pilotées par ordinateur. Des espaces topologiques complexes, issus de l’ingéniérie, de la biologie, de la génétique, opèrent une transformation de l’architecture appréhendée désormais comme une forme dynamique, entre matérialité et potentialité, ouverte à l’interaction de ses usagers tout comme aux conditions environnementales, écologiques ou micro-climatologiques.
Lien : Site du Frac Centre