Frac Paca Marseille - Yazid Oulab

FRAC PACA, Marseille

Yazid Oulab occupe aujourd’hui une place tout à fait singulière sur la scène contemporaine internationale. Loin de tout effet de mode, de toute pensée ou mouvement collectifs, il a su très tôt tracer sa voie solitaire, en toute discrétion, loin des stéréotypes et des qualificatifs dont on abuse souvent à tort aujourd’hui pour définir ces artistes qui ont été érigés comme les porte-parole de la rive sud de la Méditerranée.

Rien de tel chez Yazid Oulab qui, de son apprentissage aux Beaux-Arts d’Alger et de Marseille, a su se fabriquer une grammaire formelle très personnelle née de cette double culture, d’une grande intégrité, et qui véhicule une pensée profonde nourrie d’humanisme, de spiritualité et de sagesse. Une philosophie formelle qui ne peut laisser indifférent et qui caractérise l’ensemble de ses productions. Yazid Oulab est indéniablement un homme de la Méditerranée et de ses cultures métissées. Fort d’une histoire personnelle et familiale nourrie de la rencontre entre un milieu ouvrier et intellectuel engagé, il a fait de cette filiation et de cet héritage culturel le cœur même de sa démarche artistique. Par les valeurs qu’il véhicule à travers ses œuvres, il est porteur d’une vision des échanges culturels et intergénérationnels qui dépassent de loin le champ des arts plastiques mais qui soulèvent aussi des questions essentielles et fondamentales qui sont celles de la transmission, de la notion d’identité culturelle et de l’universalité de toute démarche artistique.

Yazid Oulab ne cesse d’œuvrer pour construire une œuvre originale et unique qui ne renie pas ses particularités tout en étant profondément contemporaine. Contemporaine par sa propension à user de tous les médiums, de la sculpture, en passant par le dessin, la vidéo, la photographie les territoires sonores ; contemporaine, aussi, par une écriture qui puise ses sources dans l’univers des formes de nos sociétés occidentales qui, au propre et au figuré, permet à Yazid Oulab d’écrire sa propre histoire en détournant de leur usage habituel les matériaux tels que le graphite, la gomme, le papier, les utilisant comme matière première brute de ses sculptures et dessins.

Il n’a de cesse d’expérimenter et de décliner un corpus iconographique lié à sa propre expérience, utilisant parfois des objets du quotidien (jarres, balances, caisses, tapis), parfois liés au sacré (bâton d’encens, couteau du sacrifice) ou aux métiers du bâtiment (truelle, crayon de charpentier, tamis, échafaudages).