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"Il
faut apprendre à aimer l'irréversible" ou du
moins s'en jouer. Tenter de saisir l'instant, subvertir le cours
du temps, le défier, en un mot, s'approprier son passage
inéluctable, que faisons-nous d'autre dans l'existence?
Certains,
plus que d'autres, en ont acquis une conscience aiguë et nous
en proposent une expérience sensible : tenter d'habiter l'instant
en l'enregistrant, traduire par l'écriture le temps qui passe
- le jour, le mois, l'année, l'heure, la minute, la seconde
- pour toucher du doigt l'éternité comme Jean-Christophe
Norman ou fixer sur de fragiles supports (cristal, ailes
de papillon) des silhouettes et des figures qui peuvent à
tout instant s'effacer, à l'image de Patrick Neu.
Si
- dans une certaine tradition de l'art de la "vanité"
-, l'absence, la trace, la disparition, la finitude sont des thèmes
récurrents dans l'oeuvre de ces artistes, leurs évocations
de l'éphémère offrent avant tout un regard
sur l'infini et le sublime, une expérience inédite
et dense du présent. Avec poésie et subversion leurs
oeuvres assument leur propre fragilité et leur possible disparition. |

Patrick
Neu
Ailes
de cire, 2007
Collection
de l'artiste
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