Julie Morel, Nathalie Cousin, Galerie Duplex

Julie Morel et Nathalie Cousin

Julie Morel, artiste pluridisciplinaire, résidente de la plateforme d’artistes incident.net, avec entre autres Grégory Chatonsky ou Marika Dermineur, navigue entre réseau, installation , vidéo. Pour la Galerie Duplex elle réalise une exposition en deux temps au titre évocateur "my life is an interactive fiction".

Pour la 1ère pièce elle nous donne à réfléchir sur l’aller/retour aussi bien des flux et reflux du réseau que de la personne physique. Deux boutons d’un clavier d’ordinateur, "sleep" et "wake up", allument ou éteignent à distance sa lampe de chevet dans son appartement parisien. Internet serait-il une dépense ou un gain d’énergie ?

L’installation minimaliste est le raccourci des millions de données qui transitent chaque jours via le réseau sans que la notion de temps soit réellement établie.

Pour la seconde installation Julie Morel contemple sa propre vision de la fragilité, vidéo hypnotique, maquette qui demande la dérive, impression du temps sur toile, etc. Etc car l’essentiel n’est pas dans la description réelle de l’installation mais dans son pouvoir de porter les choses hors et dedans, les frontières intelligibles ou non sont convoquées pour être dépassées. Il s’agit plus d’un espace mental attribué à l’artiste, puis au galeriste et enfin au visiteur, Julie Morel cartographie la modernité dans un rapport affectif avec l’outil, le reflet de l’outil et l’effacement de l’outil.

Nathalie Cousin , photographe toulousaine, issue de la danse , nous livre une partition de modèles jouant de la nature. Chorégraphies, performances, poses avouées ou naturelles, les attitudes des modèles défient l’apesanteur pour figurer dans le cadre choisi comme un élément de plus… Le fragment raconté ici est celui d’un temps en équilibre sur un trait inachevé.

Cette nouvelle exposition de Duplex montre deux accès à l’image, l’un mental , l’autre plus classique, et l’un et l’autre ne témoigne pourtant que de la même chose : l’envergure du temps. La proximité de ces deux productions, très indépendantes l’une de l’autre, impose un sens caché : rien n’est plus multimédia, n’est plus transdisciplinaire, que ce qui ne l’est pas en fait mais en soi(?).