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Le Nouveau Réalisme apparaît
à la fin des années 50, face à une société
de consommation et industrielle en plein essor, en rupture avec
l’immédiate après-guerre. Il s’inscrit
dans un mouvement général de renouvellement des langages
plastiques et des thèmes où les échanges d’influences
sont nombreux : Néo-Dada, Gutaï, groupe Zéro,
Fluxus, Pop Art...
Yves Klein, Jean Tinguely, Arman, Martial Raysse,
César, François Dufrêne, Jacques Villeglé,
Raymond Hains, Daniel Spoerri, Gérard Deschamps, Niki de
Saint Phalle, Mimmo Rotella et Christo, fédérés
autour du concept de Nouveau Réalisme par Pierre Restany*,
déclinent, durant les années 60, un ensemble de gestes
et d’attitudes qui leur permettent de dépasser la notion
quelque peu étouffante de la scène parisienne des
années 50, largement dominée par l’abstraction. |
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Par la médiation du corps
(anthropométries, crirythmes, colères, décollages,
tirs, empaquetages, compressions…) et de l’objet (accumulations,
poubelles, tableaux-pièges, panoplies, étalages-prisunic…),
les œuvres du Nouveau Réalisme revisitent le rapport
au réel et à la représentation. Remettant en
cause les modes de présentation et d’exposition de
leur art, les acteurs du mouvement multiplient les "actions-spectacles"
selon une approche festive et participative, et créent des
environnements in-situ, éphémères, parfois
collectifs. Toutes démarches qui ouvrent de manière
radicale les voies contemporaines de l’art.
Mouvement phare de la scène française
artistique de l’après-guerre, Le Nouveau Réalisme
en tant que mouvement n’a pas fait l’objet d’une
grande exposition depuis plus de vingt ans (1960.Les Nouveaux Réalistes,
Musée d’art moderne de la Ville de Paris, 1986). Si
nombre d’artistes ont bénéficié depuis
les années 80 d’une rétrospective (Martial Raysse,
César, Arman, Tinguely, Hains, les affichistes…), leur
rattachement à un groupe qui a su être présent
et actif sur la scène internationale des années 60
(Etats-Unis, Italie, Allemagne), est aujourd’hui mal connu,
souvent minoré et mérite un nouvel éclairage,
une nouvelle compréhension. Par ailleurs, alors que les acteurs
disparaissent les uns après les autres - Niki de Saint Phalle,
César, Hains, Restany, Arman, Rotella… - il est important
de saisir les derniers témoignages d’une histoire qui
s’éloigne et que, de manière étonnante,
se réapproprient de nombreux jeunes artistes de la scène
contemporaine.
L’exposition, d’environ 180 numéros,
propose de retrouver la vitalité des actions et des œuvres
du Nouveau Réalisme grâce à la reconstitution
ou la présentation de certains ensembles et la mise en place
d’un parcours thématique et historique permettant de
saisir les apports et les spécificités de ce mouvement,
ainsi que les temps forts de leur histoire commune. Elle se concentre
sur une décennie - de 1958 aux années 1965/69 - qui
voit la constitution du groupe et l’expression d’actions
collectives - période extrêmement dense et vivante,
ensuite recouverte par l’affirmation de trajets personnels.
Outre, bien évidemment les œuvres des
treize acteurs directement rattachés au mouvement, quelques
pièces d’artistes proches et souvent en contact avec
ces derniers (les "Objecteurs" réunis par Alain
Jouffroy tels que Raynaud, Pommereulle, Dietman, ou encore Malaval,
Jacquet, des membres issus de Fluxus comme Filliou ou Vostell, du
groupe Zéro tel que Günther Uecker, les Américains
néo-dadas, Rauschenberg, Stankiewicz, Johns, Bontecou, Chamberlain…)
seront incluses, afin d’évoquer la multiplicité
des courants qui ont animé Le Nouveau Réalisme et
de ne pas réduire, comme on l’a trop souvent fait,
ce mouvement à la déclinaison emblématique
et schématique de quelques gestes.
Cette exposition est organisée par la Réunion
des musées nationaux, le Centre Pompidou, Paris et le Sprengel
Museum Hannover, Hanovre. Elle sera également présentée
au Sprengel Museum Hannover du 9 septembre 2007 au 27 janvier 2008.
En partenariat média avec Le Figaro, Le Nouvel Observateur,
LCI et France Inter.
* Klein, Raysse, Arman, Dufrêne, Villeglé,
Hains, Spoerri, Tinguely et Restany lui-même signent le 27
octobre 1960, la Déclaration constitutive du Nouveau Réalisme
- geste emphatique mis en scène par le critique pour un groupe
qui, selon Arman, ne durera que vingt minutes. C’est davantage
et de manière plus large une attitude, un mouvement que l’on
nommera Nouveau Réalisme, qui relie ces artistes signataires
ainsi que les autres, proches, Deschamps, Niki de Saint Phalle,
Rotella, Christo.
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