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Créée pour le musée du quai
Branly, par l’artiste londonien d’origine nigériane
Yinka Shonibare MBE, l’installation Jardin d’amour s’inspire
des jardins à la française et convie le public à
s’engager dans un surprenant voyage. Dans le « jardin
» – entre frondaisons, fontaines et bosquets -, les
visiteurs découvriront un étrange ballet amoureux…
Yinka Shonibare MBE poursuit ici sa réflexion sur l’identité
et l’histoire, au croisement de ses deux cultures d’appartenance.
Fragonard revisité : entre humour et subversion
: l'exposition « Jardin d’amour », de Yinka Shonibare
MBE, offre une réflexion sur l'identité et l'histoire
mêlant de façon indissociable ses deux cultures d'appartenance.
Elle développe un projet qui s’était amorcé
au moment de l’acquisition par la Tate Modern de L'escarpolette,
d'après Fragonard, et constitue une parodie de l'imagerie
rococo sous la forme d'un "jardin d'amour". Elle restitue
l’idée du labyrinthe et le jeu de la découverte
des trois scènes amoureuses dans la progression du parcours.
Cette création pour le musée du quai
Branly présente trois groupes reprenant la composition de
la suite de Fragonard, « Les Progrès de l’amour
», réalisée à l’origine pour le
pavillon de Madame du Barry à Louveciennes:
- La poursuite (1770)
- Les Lettres d’Amour (entre 1770 et 1773)
- L’amant couronné (entre 1770 et 1773)
L’implantation des figures respecte l’esprit des jardins
de l’époque, ses codes, son ordonnancement, sa végétation.
Il s’agit en réalité de mannequins sans têtes,
de taille humaine, habillés à la mode du XVIIIe siècle
français mais avec des tissus "wax", chers aux
Africains d'aujourd'hui.
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L’anachronisme est d’autant
plus troublant que Yinka Shonibare MBE le manipule avec esprit,
sans agressivité, bien que son œuvre ait, insidieusement,
la violence d’un froid réquisitoire.
Cette installation souligne que la traite des esclaves favorisait
l’insouciance, le libertinage, la liberté d’esprit
et l’opulence propres à l’aristocratie française
; comme le dit l’artiste lui-même, désireux de
faire réfléchir le public, « il y a toujours
un prix pour le plaisir ».
Elle établit aussi une relation sous-jacente
entre le désir de maîtriser la nature, qui s’exprime
dans l’art du jardin au XVIIIe siècle, et la volonté
de civiliser les « sauvages ».
Elle s’interroge enfin sur les conséquences
actuelles du colonialisme, notamment dans la diaspora. |