Emre Huner NéoFutur Les Abattoirs Toulouse

NéoFutur

A l’épreuve des mutations et des métamorphoses qu’elle a elle-même provoquées, notre époque contemporaine s’est obligée à réinventer le futur qu’elle s’était préparé. Donc le présent. Plus que jamais en ce début de XXIe siècle, l’humanité est face au défi de reconsidérer son rapport à l’univers, à la planète, à l’autre, à la technologie, à la nature, au politique, à la ville, et même à l’art.

Confrontés à ce vaste programme ne devons nous pas, sans plus tarder, pratiquer de nouveaux imaginaires? Considéré sous l’angle de l’inventivité de la créativité ou de la recherche, l’art contemporain représente alors sans doute un potentiel inexploité.

C’est dans ces perspectives que s’inscrit le projet NéoFutur des Abattoirs à Toulouse. Des perspectives résolument projectives et prospectives qui doivent risquer et formuler de nouvelles configurations en replaçant l’art et la dimension de l’imaginaire comme des principes de réalité au cœur des débats et des enjeux actuels.

De plus en plus, artistes exposent, révèlent et répondent à cette situation assez sensible. En particulier ceux qui débordent les limites convenues de l’art et de l’esthétique. Ceux-là même qui construisent leurs pratiques et leurs œuvres dans des articulations nouvelles entre les divers champs de la connaissance et de l’action.

Les artistes invités à participer au projet NéoFutur ont en commun une conscience aigue de cette dynamique qu’ils mettent déjà en œuvre. Une dynamique qui passe par l’interaction renouvelée, réinventée, entre l’art et les sciences, la philosophie, la poésie, le politique, le sociétal, l’écologie, l’urbanisme et surtout, nos architectures mentales.

Sans céder ni au catastrophisme ni à un positivisme forcé, ils peuvent être assez critiques, voire caustiques tout en nous projetant dans d’autres dimensions temporelles et spatiales. Et ceci jusqu’à nous faire sentir, et même toucher du doigt, cette nouvelle et curieuse équation entre présent et futur qui est au cœur du projet.

Beaucoup plus physiques que virtuelles, leurs œuvres dessinent ensemble un monde assez détonnant, à la fois exubérant et désinhibé. Au-delà des projections fictionnelles, qu’elle soient ou non utopistes, l’exposition apparaît alors comme un paysage imaginaire et pourtant bien réel. Comme une ouverture insoupçonnée sur le futur qui nous attend. Tout en pointant l’urgence de nouvelles formes d’exploration de nos propres facultés imaginatives.