LES ABATTOIRS, Toulouse

Le printemps de septembre

25 sept. > 18 oct. 2009

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"Là où je suis n’existe pas"… Entre "Là où je vais, je suis déjà", sous-titre du Printemps de Septembre l’an dernier, et "Là où je suis n’existe pas" cette année, il y a un enchaînement évident, mais il ne faudrait pas penser que ces deux éditions forment un diptyque : ça ne s’inverse pas totalement, on traite les enchaînements différemment, avec des tonalités autres, sans aucun doute. Cette année, le réel n’est plus la base continue du programme, on est beaucoup plus dans un univers où la tonalité subjective est le lieu du travail plutôt que l’objet saisi.

Assez clairement, l’idée pour cette deuxième saison consiste à proposer tantôt des remakes, ou des sentiments de déjà vécu, et tantôt un contre-emploi. De manière à donner tantôt un sentiment de continuité ou d’écho d’un épisode à l’autre, tantôt d’aller complètement à revers de l’an dernier. Il est important de relever la mémoire du festival précédent dans l’esprit de ses visiteurs récurrents. L’épaisseur d’une activité artistique advient quand elle s’appuie sur la capillarité de ce qui précède.

Cette exposition se déroulera dans les salles latérales des Abattoirs. Et proposera, à partir des collections du Mamco à Genève, des appariements d’oeuvres susceptibles de produire une tension, ou une capacité de percussion. Par exemple, je veux mettre en regard deux tableaux de Rémy Zaugg et Gérard Gasiorowski qui ont tous deux quelque chose à voir avec "La Maison du pendu" de Cézanne, cet étrange tableau dont parlait si bien André Breton dans l’Amour fou. Je veux évoquer ce que l’idée de gravure sur bois donne quand on confronte les tableaux de bataille d’Imi Knoebel aux très grandes xylographies de Franz Gertsch.

De la même façon, je veux rejouer des appariements entre des "Date paintings" d’On Kawara datées de 1966, 1977 ou 1988, et des oeuvres d’autres artistes mais de la même époque. Ce sont d’excellents prétextes pour mesurer la distance historique. Il s’agit de dérouler deux ou trois protocoles pour parcourir les sept salles, de telle sorte que ce ne soit pas toujours la même raison qui fasse se rencontrer presque les mêmes choses. "La Maison de rendez-vous" : j’emploie souvent cette expression en songeant à Robbe-Grillet, mais pas seulement à lui, car s’il y a une maison qui aménage vraiment les rendez-vous, c’est le musée. Et pas seulement avec les visiteurs mais d’abord entre les oeuvres. Et "Sept pièces faciles", c’est en souvenir de l’exposition de Bertrand Lavier qui s’appelait "Cinq pièces faciles", et qui elle-même reprenait le titre d’un film américain.