CAPC Bordeaux

CAPC, Bordeaux

Depuis une quinzaine d'années, Jean-Luc Blanc sélectionne des images imprimées issues de films, de cartes postales, de photos de presse, de revues... qu'il compile et organise de façon très disparate. Ces images occupent une place centrale dans son processus créatif : selon un processus immuable, ses oeuvres y trouvent leur origine.

A un moment donné, presque à l'improviste, une image émerge, s’impose à l'artiste qui, en en isolant un motif, se la réapproprie. Extrait de son contexte, le motif isolé est alors travaillé sur papier ou toile, au crayon ou à l’huile. Il est recadré, le plus souvent en plan rapproché et peut subir plusieurs traitements qui vont du texturage façon croûte au lissage cosméto-publicitaire. Ce protocole donne aux oeuvres de l'artiste un caractère ambigu et énigmatique.

A cette occasion, plus de 200 oeuvres de l'artiste sont réunies. Cette rétrospective collective a été montée dans un esprit d'enquête espiègle et de "flânerie" chère au dandysme de l'artiste, elle repose sur l'idée que la production d'un artiste peut, dans un même espace, cohabiter avec sa "toile de fond", présupposant que ce qui se joue sur scène (la production de l'artiste proprement dite) et ce qui se trame en coulisses (zone d'influences) est intrinsèquement lié et mérite plus qu'un texte illustré dans un catalogue.

Les connections conceptuelles, visuelles et physiques qui découlent d'un tel scénario placent donc l'exposition aux antipodes de la chronique nécrologique caractéristique des rétrospectives chronologico-thématiques habituelles où l'accent est mis principalement sur les oeuvres les plus représentatives de l'artiste.

Enfin, l'exposition est conçue comme un Opéra Rock dans lequel des oeuvres, pour la plupart inédites en France, interagissent avec celles de l'artiste dans un espace glam et spectral sur mesures sonorisé par Mr. Learn. Le visiteur traverse ainsi un panthéon esthétique personnel développé, une zone sensible plus proche de l'"espace potentiel" que du brainstorming désincarné.

Lien : La fiche de Jean-Luc Blanc