CAPC Bordeaux Présence Panchounette

Présence Panchounette

Actif de 1969 à 1990, le groupe Présence Panchounette (composé de Frédéric Roux, Jean-Yves Gros, Michel Ferrière, Pierre Corcelle, Didier Dumay, puis Jacques Soulillou, Christian Baillet et d’autres intervenants plus ponctuels …) commence par se faire connaître par des actions, des tracts et des performances où se mêlent dérision et contestation propre à cette époque post 68.

Le travail critique de ce «collectif bordelais d'assimilés-artistes» va se focaliser sur une remise en cause du modernisme sous ses formes minimales et conceptuelles des années 1970, proposant un art parodique et alternatif, qui tournait en dérision l’art d’avant-garde et ses rituels.

Anticipant l’Appropriationnisme des années 1980, les Panchounette introduisent des références vernaculaires, décoratives, ou provenant d’autres cultures afin de renégocier et d’élargir la notion d’avant-garde. Durant 20 ans, le groupe manipule les codes de la représentation, parodie le monde de l’art où il organise sans succès sa propre mise en échec.

Leur observation des habitudes esthétiques des banlieues populaires les conduit vers la revendication du décor populaire, d’une esthétique de l’absurde, du kitch…

Toutes ces interventions se font alors dans la discrétion, dans le relatif anonymat des membres signant collectivement, une attitude critique qui peut être comprise aujourd’hui comme un art d’attitude. Quelque peu en marge du monde artistique le groupe a néanmoins participé à ses débats, maintenant constante une attitude critique et «dénonciatrice», et sur le terrain bordelais, en assumant une attitude polémique envers le propre CAPC.

Il n’y a jamais eu de «grande rétrospective» Présence Panchounette. La marginalité maintenue par le groupe du monde artistique, puis la dispersion des membres et des œuvres, leur implication dans de nouvelles activités ont retardé jusqu’à maintenant l’organisation de ce type d’exposition. L’une des originalités de cette manifestation est l’éclatement en plusieurs lieux non-institutionnels : ce n’est pas au CAPC mais dans douze sites de la ville que les visiteurs vont pouvoir découvrir ces oeuvres. Retracer ce parcours singulier, en partie seulement bordelais, c’est ce que tente de faire le CAPC en proposant cette exposition, 40 ans après la création du groupe.

Images : 1) Happy Twins, 1987 - 2) Dwarf Dwarf II - 3) Clement Greenberg et Jacques Soulillou discutant des mérites comparés de peintures contemporaines, 1978 - 4) Le poids de la culture, 1983