Carré d'Art Nimes Mark Manders

CARRE D'ART, Nîmes

Depuis la fin des années 80, Mark Manders a développé un travail conséquent où chaque oeuvre est le fragment de ce qu'il décrit comme Self-portrait as a building. Ce projet toujours en cours trouve son origine en 1986, deux ans avant de commencer ses études à la Hogescholl voor de Kunsten à Arnhem. Ce concept devait être à l'origine un livre sans commencement ni fin, il choisit finalement le langage plus abstrait des arts visuels. Malgré l'idée de faire un autoportrait, les similitudes autobiographiques et visuelles évidentes avec la personne de Mark Manders sont manquantes. Le Mark Manders dans cette oeuvre est en fait un personnage créé, qui vit dans un monde logiquement conçu et construit.

Les installations sculpturales sont plutôt des «espaces de mémoire» dans lesquels les pensées et sentiments de son alterego sont matérialisés. Les cheminées d'usines et les machines silencieuses, les meubles fabriqués, les sculptures en bronze d'animaux ou de fragments de figures humaines, les dessins et objets de tous les jours sont des étapes dans les pièces de cet autoportrait en pleine expansion. Comme le décrit Douglas Fogle : «Chaque oeuvre de Mark Manders peut être perçue comme une partie d'un ensemble immobilier psycho-géographique en constante évolution».

Chaque exposition que Manders crée, génère encore une autre pièce de ce bâtiment à l'accroissement hypothétique. En parallèle, il développe un espace en évolution dans lequel nous pouvons collectivement examiner notre propre relation au monde des objets. Mark Manders a le désir de créer un moment ultime où tout est relié.

Mark Manders a le désir de créer un moment ultime où tout est relié. En répétant et en changeant quelques idées, formes ou détails dans ses oeuvres, il encourage le visiteur à évoquer ce «super moment» dans une sorte de carte mentale. En ce sens, il n'y a pas de temps d'expérience chronologique. Son langage visuel souligne l'absence d'un fuseau horaire pour chaque oeuvre. Ses figures humaines sont inspirées des sculptures de Kouroi de la Grèce ancienne mais se réfèrent également à d'autres cultures. En peignant ses figures, il crée l'impression de sculptures de terre crue, ce qui renforce le sentiment que l'oeuvre vient juste d'être achevée. La position la plus fréquente de ses sculptures est celle de la balance et du sommeil, matérialisant le moment figé de l'observation. Cela peut être évident mais ça semble valable pour un moment.

L'exposition présentée à Carré d'Art, Les études d'ombres, montre une approche de la diversité et de l'unité, de variété de matériaux et dimensions, du bureau au sachet de thé, de la construction d'une cheminée en briques aux objets trouvés préfabriqués, tout est relié à la recherche contemporaine.