Château d'eau Toulouse Debanne

CHATEAU D'EAU, TOULOUSE

Le processus d’élaboration des images de Vincent Debanne est long puisqu’il s’agit toujours d’une recréation photographique et d’une scénarisation par montage, par accumulation, méthode à la fois empirique et exagérative, aspirant à la transcription la plus fidèle à l’expérience éprouvée des lieux (qui ont souvent valeurs de dispositifs, tels les centres d’affaires, les centres commerciaux, les usines, les lieux dédiés au travail, au spectacle, les lieux de loisir, les lieux du pouvoir) et des faits sociétaux observés.

L’imaginaire, par le biais de la scénarisation, déploie dans ses photographies sa capacité prospective et révélatrice. Il vient donc conforter l’experience, et parfaire la captation photographique qui est pour lui, toujours incomplète, en deça de l’expérience, de l’observation, du ressenti.

Ses images sont articulées selon plusieurs temporalités, utilisent des effets anachroniques et travaillent les rapports entre esthétique et politique. Dans son travail photographique, les références à la peinture et à l’histoire, lui donnent les moyens de la parodie, le véritable enjeu étant la description du contemporain. Le recours à une iconographie passée (matrice de mes images), comme la propagande et la peinture d’histoire, lui permet de renouveler le regard sur notre époque et d’y dévoiler les archaïsmes.

Le Château d’Eau a déjà eu l’occasion de présenté de façon très parcellaire le travail de cet artiste, notamment dans des exposition thématiques comme «Un semblant de Réel, mises en scènes et autres arrangements» en 2009 au Lycée Michelet de Montauban ou également dans Simulacres et parodies ici dans la seconde galerie, en 2010. L’exposition monographique d’aujourd’hui est l’occasion de mettre en lien des séries de différentes époques dont l’une «Incidents» qui fut réalisée en 2009, est présentée pour la première fois.