Biennale d'Issy

8ème BIENNALE D'ISSY

Après le succès la dernière exposition-événement d’Artsénat « Du vent dans les branches » et pour la 8ème édition, Chantal Mennesson, Présidente de la Biennale d’Issy, met en scène 45 artistes peintres, sculpteurs, photographes et vidéastes internationaux.

Cette nouvelle édition illustre la phrase de Diderot dans Essai sur la peinture : «Mon Dieu, délivrez-moi du modèle».

Plusieurs questions sont posées : Modèle et étalon? Fidélité et imitation. Prototype, référence et parangon… Comment peut-on s’affranchir de l’enseignement de ses maîtres? Comment se démarquer d’une lignée d’artistes? Peut-on se libérer d’une dictature idéologique? Sait-on se dégager de son substrat culturel? La création peut-elle exister ex-nihilo?

Les idées s’échangent et se mêlent.

De multiples échanges existent entre le modèle et l’artiste, entre le spectateur et l’œuvre et, de manière plus problématique, entre le spectateur et le modèle. L’artiste anthropologue est immergé dans de son propre contexte socioculturel. Il se mute en ethnographe lorsqu’il devient enquêteur sur le terrain. «Chaque créateur est le reflet d’une certaine conception du réel tel qu’il se donne à la perception» (Merleau-Ponty, L’œil et l’esprit).

Les 45 œuvres exposées offrent des dialogues subjectifs et témoignent de conversations, de partages et de négociations constants. Dans ce creuset que représente la Biennale d’Issy, une sincérité effective des échanges interdisciplinaires naissent. S’y entrelacent des déclinaisons expérimentales défiant toutes les catégories convenues. Métaphore auditive ou dissonance visuelle, l’artiste polymorphe joue de la forme et de la couleur, de la surface et de la ligne, du son et de l’écriture. Quête de profondeur ? Il tente de se rapprocher de l’éternité.

Peintres, sculpteurs, photographes et vidéastes exposés interrogent les frontières, rompent les liens entre les lisières génériques et codes artistiques pour convoquer d’autres images. Les siècles sont sources de ressemblances et de dissemblances alors que l’artiste devient guetteur d’une désinvolte infidélité. L’homme prend pour modèle un réel sensible et intelligible et lui fait subir une métamorphose radicale.