David LaChapelle

David LaChapelle

David LaChapelle est un artiste narratif, intéressé par les obsessions de la société contemporaine. Ses photos crient. Il suffit d’en gratter la surface et de vouloir les regarder.

Outre la variété des situations non quotidiennes, mais certainement familières, on y trouve un univers humain teinté des couleurs et des lumières du plastique, lié de façon morbide à la recherche du plaisir et du superflu.

David LaChapelle a jusqu’à présent préféré que ses photos soient publiées dans des magazines de mode et des catalogues sans textes. Le but n’a jamais été de s’arrêter à une pure illustration, mais d’atteindre un public aussi nombreux que possible – ce qui explique sa façon d’être un artiste pop – et d’amener la réception de son oeuvre au plan du choc émotif.

Les photos de David LaChapelle présentent une mise en scène du monde et adhèrent parfaitement au présent dont elles racontent tout le bien, tout le mal, tout l’utile et tout l’inutile, malgré la patine glamour qui les habille. Des hommes et des femmes hors norme, riches, puissants, sont leurs sujets. Parfois très beaux, d’autres fois grotesques. Tellement beaux ou grotesques qu’en les regardant on a l’impression d’être sur le tournage d’un irreality show, où les personnages changent et se relayent et construisent eux-mêmes tour à tour l’histoire.

Des hommes et des femmes excessifs et criards, parfois grossiers et vulgaires. Dans cette atmosphère très bariolée et baroque, où le personnage principal te regarde et te fait un clin d’oeil en te promettant le nirvana, on perçoit qu’une partie de l’humanité risque de se perdre, engloutie par elle-même, prisonnière des choses, séduite par les marchandises au point de se façonner à leur image, un produit griffé qui cherche à fasciner le consommateur en camouflant la vérité dans un décor psychédélique.

Le message est clair : dans une société dominée par la pub et par des comportements voués à la consommation effrénée, la vérité succombe à la simulation, et le désarroi est aux aguets. Dans la précarité psychique qui s’ensuit, tout le monde veut tout, tous occupés à poursuivre les positions des autres, étranglés par la peur de lâcher prise sur la réalité, en lutte permanente afin d’intensifier les rythmes de la décision.