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  Nicole Eisenman
     
 

FRAC Ile-de-France
jusqu'au 19 août 2007

 
     
     
 

Le Plateau présente la 1ère exposition personnelle de l'artiste américaine Nicole Eisenman en France.

Débutant sa carrière à New-York dans les années 90, Nicole Eisenman s'est très vite fait connaître grâce à ses peintures figuratives monumentales et ses installations de dessins proliférantes, délaissant l'héritage de l'art minimal et conceptuel, et se plaçant d'emblée dans une position quelque peu marginale par rapport au courant artistique dominant.

Drôles et grotesques, dramatiques et violents, ses dessins et peintures proposent d'impossibles télescopages empruntant autant à Rubens qu'à Crumb. Réinterprétant la peinture historique et de genre, l'artiste américaine revisite l'histoire de l'art (de Titien à Picasso en passant par Hogarth) et en propose une version vernaculaire nourrie de culture populaire (du Folk Art à la bande dessinée underground en passant par les films d'horreur et pornos). Proches de la caricature, ses dessins exhibent des scènes satyriques, voires sadiques, souvent empruntes d'une violence latente, plaçant le spectateur dans une position inconfortable de voyeur et faisant de l'artiste une portraitiste de la vie contemporaine.

   
 

Ses peintures et ses dessins de grands formats décrivent de grandes scènes héroïques, allégoriques où les rôles ne sont plus tenus par des hommes mais par des femmes. Une manière de ré-écrire l'histoire de l'art, voire de l'Histoire. Dans Sloppy Joe Party (2000), Nicole Eisenman peint un gynécée arctique, une bacchanale glacée à l'occasion de laquelle on n'hésite pas à mettre à mort quelques hommes. Dans ses grandes fresques, la foule est omniprésente, elle y incarne à la fois l'humanité et l'individu. Elle est l'ordre - divin, politique et religieux - ; elle est la transformation de soi en un autre ; elle est une force incontrôlable. Son oeuvre constitue un projet ambitieux : l'artiste déploie un style emphatique (pour elle, more is more) au service de sujets quotidiens, parfois simplement inspirés de sa propre expérience.

Conçue en collaboration avec la Kunsthalle de Zürich, l'exposition réunit un nombre important de dessins et de peintures des années 90 à aujourd'hui. Pour l'exposition, elle propose d'installer ce qu'elle nomme une "clinique de dessins" ("drawing clinic") : une pièce dans laquelle se côtoient diverses oeuvres sur papier, des collages, des graffitis et des objets. Cette installation permet d'embrasser pleinement son oeuvre, elle témoigne de sa richesse et de sa virtuosité stylistique (on zappe d'une bad painting à une composition inspirée de la Renaissance italienne) et rassemble les thèmes récurrents de son travail parmi lesquels : son positionnement en tant qu'artiste homosexuelle, l'ordre social, le statut de l'artiste ou encore le processus de création.

Commissaires : Caroline Bourgeois, directrice artistique du Plateau & Beatrix Ruf, directrice de la Kunsthalle de Zürich.

   
  Source & lien : Le site du Frac Ile-de-France