Frac Paca Marseille

Frac PACA, Marseille

L’exposition personnelle de Pierre Malphettes, qui ouvre la programmation 2009, s’inscrit dans une démarche de soutien et d’accompagnement du FRAC amorcée dans les années 2000 avec l’acquisition de l’installation Les attracteurs étranges (2000), de la vidéo Le Festin (2003, une «fiction ethnographique» selon le terme d’Olivier Michelon) et poursuivie en 2008 avec celle du film Firefly (un road-movie nous faisant voyager de Marseille à Durness, aux confins de l’Écosse).

L’exposition Sculptures terrestres et atmosphériques au FRAC mettra en perspective et en résonance des pièces éloignées dans le temps et des productions nouvelles, afin de susciter une confrontation, un dialogue - formel, conceptuel, sensible. De façon parallèle et complémentaire, l’Ancien presbytère, lieu de l’association Art’ccessible, présentera aux mêmes dates le film Firefly et un ensemble de photographies prises au cours du voyage.

La 1ère salle présente un nuage en verre formé de quinze feuilles de verre verticales et parallèles, mises en tension d’un pôle à l’autre, du sol au plafond, du ciel à la terre. À sa droite, Un tas de sable - constitué de claustras en béton taillés et cimentés les uns aux autres - fait coexister deux états et deux temporalités différentes : «le produit manufacturé reconstruit son origine», comme l’écrit Léa Gauthier, en même temps qu’il lui restitue une liberté primordiale. Disséminé en plusieurs endroits sur les murs, un Brouillard prend la forme d’une multitude de points peints à la main suivant une trame précise, mais dont le dessin peut varier selon le lieu - le principe de l’œuvre étant de grandir, de s’étendre dans le temps et dans l’espace. Quatre réalisations ont déjà eu lieu (Hambourg en 2000 ; Villa Arson, Nice en 2003, Lophem, Belgique et Paris en 2006). Ici, il revient telle une ponctuation faire lien entre les pièces.

Dans la salle suivante, Cloisonnement invite les visiteurs à pénétrer une architecture d’air faite de parois de polyane translucide vibrant au souffle de ventilateurs. Le redécoupage de l’espace, jouant de la contrainte physique et du trouble visuel, en désoriente l’appréhension et en redéfinit la circulation. Plus loin, une série de flaques d’eau en métal d’où émergent des pierres flottent à quelques centimètres du sol. Reposant par ses extrémités sur deux cubes de béton, une longue poutre en acier voit sa logique de soutènement retournée par un évidement méticuleux qui annule l’utilité de sa fonction, et propose de nouvelles lois physiques : le fragile se substitue au solide, l’informe à la forme. Dans la dernière salle, Les attracteurs étranges revisitent la théorie du chaos en un ballet hypnotique et faussement menaçant, orchestré par deux ventilateurs, devenus maîtres de l’ordre et de l’aléatoire.