Frac Paca Marseille

FRAC PACA, Marseille

Artistes présentés : Saâdane Afif, Catrin Bolt, Alain Bublex, Simon Dybbroe Møller, Dora Garcia, Nashashibi/Skaer, Philippe Parreno, Chloé Quenum, Alain Rivière, Michel Verjux.

Une porte, des murs, une exposition... ou comment des artistes transforment celle-ci en matériau de travail. À partir d’oeuvres de la collection du FRAC et de pièces produites ou empruntées pour l’occasion, Prendre la porte et faire le mur explore le potentiel de l’espace d’exposition : ses fantasmes, ses anecdotes, ses humeurs, ses transgressions, son insoumission.

Qu’attendre d’une exposition aujourd’hui? On dit souvent qu’elle vient cristalliser la fin d’un mouvement artistique, consacrer une tendance, arrêter l’œuvre dans le temps. Pourquoi ne pas imaginer l’inverse, plutôt que la fin le point de départ, un espace de tous les possibles.

L’espace d’exposition n’a pas toujours été le «cube blanc» que nous connaissons aujourd’hui. Des premières églises aux Salons du XIXe siècle en passant par les foires ambulantes et l’art dans l’espace public, sa forme n’a cessé de changer.

Sa fonction, en revanche, est restée sensiblement la même : instaurer un cadre, un ordre, une organisation d’objets, une représentation agencée du monde, parfois au service d’une idéologie. Le musée incarne ce cadre par excellence, une boîte fermée, coupée du monde extérieur.

Au cours du XXe siècle, les artistes inventent de nombreux musées imaginaires – une façon de faire imploser les murs, de dépasser les limites (rappelant ainsi les débordements du tableau qui hantent l’histoire de l’art).

Avec l’apparition du «cube blanc», la relation des artistes à l’exposition se radicalise, surtout à partir des années 1960. Ils s’en emparent comme d’un véritable médium, un matériau de travail à même de révéler les propriétés, voire les défaillances structurelles et conceptuelles du lieu. Les frontières entre l’œuvre et l’espace de monstration deviennent alors de plus en plus difficiles à distinguer.